La climatologie est l'étude
de l'action des phénomènes météorologiques
sur les différentes parties du globe, de leurs réactions
mutuelles et des différents climats.
La météorologie
est l'étude scientifique des phénomènes atmosphériques.
La météorologie étudie les pressions, les vents, les
températures, les précipitations.
Le climat est l'ensemble des
conditions atmosphériques et météorologiques propres
à une région du globe (en grec klima signifie "inclinaison").
L'étude des climats
de la Terre passe par la connaissance des données climatiques, des
mécanismes élémentaires des déplacements verticaux
et latéraux de l'atmosphère, de la dynamique générale
de l'atmosphère et de la circulation océanique.
(utilisez les atlas pour observer un peu plus précisément la répartition sur la planète et aux différentes saisons des températures, précipitations, vents, pressions.....)3-1/- Les données climatiques : les températures de surface.
L'importance de la température de l'air est fondamentale en géographie physique puisqu'elle conditionne tous les processus liés à la vie végétale et animale, puisqu'elle est associée à l'érosion par le biais de la destruction des roches, puisqu'elle intervient dans le régime des cours d'eau.3-1-1/- La disparité spatiale des températures de surface.
Voyons comment varie les températures moyennes annuelles à la surface de la Terre. La variation des températures découle évidemment de la répartition du rayonnement solaire à la surface de la Terre. Aussi les températures varient-elles en fonction :
*- de la latitude.
C'est un facteur de zonalité.
On a schématiquement une répartition zonale de températures
qui sont d'autant plus fraîches que l'on va de l'équateur
vers les pôles.
Attention car l'équateur
thermique ne correspond pas à l'équateur géographique
; il est décalé vers le nord, vers le Sahara. Les températures
moyennes annuelles dépassent ici les 30° C avec des maximums
à plus de 50° C.
Dans les zones polaires la
température moyenne annuelle avoisinent les -30°C dans l'Arctique
et -50° C dans l'Antarctique avec ici des pointes comprises entre -90
et -100° C.
**- de la situation continentale
ou océanique.
C'est le premier facteur de
l'azonalité de la répartition des températures.
A latitude égale les
températures sont souvent très différentes selon que
l'on se trouve sur un continent ou sur un océan, la différence
pouvant aller jusqu'à 30°C.
Par exemple si vous regardez
la position de l'équateur thermique en janvier vous vous apercevrez
qu'il se confond avec l'équateur géographique au-dessus des
océans mais qu'il s'enfonce très au sud lorsqu'il arrive
au-dessus des continents.
***- de la position de la station
de mesure à l'ouest ou à l'est d'un continent ou d'un océan.
Parmi de nombreux exemples
(fig. 20a) celui de Nantes et Chatham (en bordure du golfe du St-Laurent
au Canada) est révélatrice de cette dissymétrie ouest-est.
moyennes thermiques 1931-60
Chatham Nantes écarts
température moyenne
annuelle 4,8 11,7 6,9
température moyenne
janvier -9,6 5 14,6
température moyenne
juillet 19,3 18,8 -0,5
D'une manière générale,
aux moyennes et hautes latitudes en hiver, les parties orientales des océans
sont relativement plus chaudes que les parties occidentales (C’est l’inverse
si l’on parle des côtes continentales) (fig. 20b).
Aux basses latitudes c'est
le contraire : ce sont les parties occidentales des océans qui bénéficient
de températures hivernales relativement plus clémentes.
Ce dispositif est à
mettre en relation avec la répartition des grands courants marins.
Ainsi la côte Nantaise est baignée par le Gulf Stream alors
que la côte est du Canada est sous l'influence du courant froid du
Labrador. Aux mêmes latitudes on retrouve sur la côte est du
continent nord-américain, en bordure du Pacifique Est, un climat
plus clément dû ici à la présence du courant
chaud Kouro Chivo. En revanche les côtes du Pacifique Ouest sont
très froides parce que bordées par le courant froid des Kouriles
(Oya Chivo).
****- de l'altitude.
Sur les cartes de températures
on constate que le dessin des isothermes est sous l'étroite dépendance
des régions montagneuses. La température décroît
en moyenne de 0,5 à 0,6° C chaque fois que l'on s'élève
de 100 m en altitude (on parle de gradient thermique verticaux).
Cet état de fait n'est
pas en contradiction avec une radiation solaire plus abondante qu'à
basse altitude. Car si l'apport énergétique au sol est plus
fort, la réémission des radiations vers l'espace est aussi
plus importante à cause de la faible proportion des gazs à
effet de serre telle la vapeur d'eau, le CO2 ...etc.
De là découle
les contrastes thermiques journaliers très forts. La journée
peut être très chaude et la nuit la température se
rafraîchit rapidement et baisse considérablement.
Cependant le climat des montagnes
reste sous la dépendance du climat de la plaine environnante. Aussi
ne faut-il pas comparer les climats de montagne et ceux des hautes latitudes.
*****- de la topographie.
L'exposition joue un rôle
capital. Dans les Alpes, à altitude égale, on oppose les
ubacs, versants froids, boisés exposés au nord aux adrets
ensoleillés et cultivés exposés au sud.
Un autre phénomène
observé dû à la topographie est l'inversion thermique
; c'est-à-dire que la température, au lieu de décroître
avec l'altitude, augmente. L'exemple français le plus classique
est celui du Puy-de-Dôme qui connaît parfois des températures
nettement supérieures à Clermont-Fd située 1100 m
plus bas dans la plaine de Limagne. Ainsi le 26/12/1879 il faisait -15°
C à Clermont-Fd contre +4,7° C au sommet du Puy-de-Dôme
à 1465 m. d'altitude.
Les températures varient :3-1-2/- Les variations dans le temps des températures de surface.
*- au cours de la journée.
On parle d'amplitude thermique
diurne. (écart jour/nuit).
L'a.t.d. augmente lorsque l'on
va vers les basses latitudes.
Elle est d'autant plus forte
que la position du lieu est continentale. Au contraire la présence
de masses océaniques diminue les écarts journaliers; l'eau
jouant le rôle de régulateur thermique.
Elle varie avec l'altitude
: elle augmente quand on s'élève en altitude mais rediminue
rapidement à partir d'une certaine limite altitudinale qui varie
selon le contexte climatique général.
Cette a.t.d. varie enfin en
fonction des saisons du fait des variations saisonnières des durées
du jour et de la nuit. Cela est spécialement vrai pour nos latitudes
moyennes.
**- au fil des saisons.
Aux moyennes et hautes latitudes
la courbe des températures moyennes mensuelles présentent
dans l'hémisphère Nord un maximum de juillet et un minimum
de janvier.
Dans la zone intertropicale
les variations saisonnières de températures sont peu marquées
surtout dans la zone équatoriale. Des maximums peu marqués
apparaissent cependant lors du passage du soleil au zénith.
***- au cours d'une année.
On parle d'amplitude thermique
annuelle. (écart mois le plus chaud/mois le plus froid).
L'a.t.a. qui est faible dans
la zone équatoriale croît avec la latitude.
L'a.t.a. croît avec la
continentalité.
De la combinaison de ces deux
facteurs il découle que l'a.t.a. est la plus forte dans le Canada
du nord-ouest et surtout en Sibérie du nord-est. La station de Verkhoïansk
en Sibérie (près du fleuve Lana en Russie) affiche des écarts
annuels moyens de l'ordre de 65° C. A la même latitude les écarts
à Baud (Norvège, juste au nord du cercle polaire) n'excède
pas 16° C.
En guise de conclusion sur ce
chapitre des températures on peut distinguer 2 catégories
de climats thermiques :
- les climats extratropicaux
où se sont les alternances saisonnières, les écarts
saisonniers qui sont les plus importants ;
- les climats intertropicaux
où se sont les écarts diurnes qui sont les plus importants.
Les mécanismes élémentaires des précipitations (pluie, grêle, neige, précipitations occultes...) se développent dans le sens vertical, dans l'atmosphère.3-2/- Les données climatiques : les précipitations.
La colonne d'air surmontant un lieu terrestre d'observation a un poids que l'on appelle pression atmosphérique. Cette pression décroît lorsque l'on s'élève en altitude puisque elle est diminuée du poids de l'air qu'on laisse en-dessous de soi.3-2-1/- La pression atmosphérique et la structure verticale de l'atmosphère.
*- Du sol à 6-8 km d'altitude
au-dessus des pôles et 16-18 km au-dessus de l'équateur, on
a la troposphère. elles se décomposent en 2 parties :
- jusqu'à 3 km d'altitude
la couche d'air est fortement influencée par le relief terrestre.
Aussi parle-t-on parfois à son propos de couche turbulente ou géographique.
Bien que l'on détermine théoriquement un gradient thermique
de 0,5 à 0,6° C, les températures peuvent connaître
de nombreuses variations (inversion thermique dans les vallées...).
Cette couche se termine fréquemment par un niveau d'inversion thermique
où les poussières et les fines gouttelettes se bloquent.
C'est la péplopause ou péplos.
- Au-dessus du péplos,
et jusqu'aux limites de la troposphère, l'atmosphère libre
est plus limpide et plus homogène.
La quasi totalité de
la vapeur d'eau et la plus grande partie du gaz carbonique sont compris
dans la troposphère.
**- on qualifie de tropopause
la discontinuité fondamentale entre troposphère et la stratosphère.
Au niveau de la tropopause
la température varie de -45° C aux pôles à -85°
C au-dessus de l'équateur (inversion de la répartition des
températures en altitude par rapport à la répartition
au sol).
La stratosphère est
épaisse d'environ 80 km. Elles se décomposent en plusieurs
couches : couche isotherme jusqu'à 30 km d'altitude (la température
est relativement stable) ; couche chaude jusqu'à 60 km (maxi. +50°
C) ; la température redécroît ensuite dans la strato.
sup. ou mésosphère pour atteindre -80° C ; au niveau
de la mésopause à environ 80 km d'altitude.
La couche d'ozone stratosphérique
est concentrée dans la partie supérieure de la couche isotherme
et dans la couche chaude.
***- La mésopause marque
le passage à la thermosphère ou ionosphère. La température
augmente.
Sachez enfin que l'on oppose
l'homosphère (troposphère + stratosphère), partie
inférieure de l'atmosphère dans laquelle les principaux composants
de l'atmosphère ne varie guère, à l'hétérosphère
dont la thermosphère constitue la base.
Enfin au-delà de 1000
km d’altitude on passe à l’exosphère.
L'air possède sa propre énergie cinétique qui lui est conférée par la gravité et dépend donc de la pression. La règle physique est double : l'air soumis à un mouvement ascendant voit sa pression diminuer ; il se détend et se refroidit. Au contraire l'air subsident se comprime et s'échauffe. On voit donc que la température de l’air ne relève pas seulement de l’apport énergétique solaire. Ainsi la température de l'air a également une origine fondamentalement dynamique. Par voie de conséquence le déplacement de l’air le long de la verticale a aussi une origine dynamique.3-2-2/- Les mécanismes des précipitations.
3-2-2-1/- les mécanismes élémentaires d'ascendance et de subsidence de l'air.
On distingue :
- l'humidité absolue
qui est la masse de vapeur d'eau contenue dans une unité de volume
d'air ;
- l'humidité relative
qui est le rapport entre la quantité de vapeur d'eau nécessaire
pour saturer un volume d'air donné à une température
donnée et l'humidité absolue.
ex. : à 5°C l'air
est saturé avec 6,8 g/m3 de vapeur d'eau.
Si vous avez 6g/m3 de vapeur
d'eau vous avez un taux d'humidité relative de 88% (6 divisé
par 6,8 et multiplié par 100). L'impression d'humidité est
importante.
Lorsque la quantité
de vapeur d'eau dans ce m3 d'air atteint 6,8g l'air est saturé.
On dit qu'il a atteint le point de saturation ou point de rosée.
Le point de rosée, c'est-à-dire la valeur de l'humidité
saturante, est d'autant plus importante que la température est élevée.
A partir de ce seuil de température on passe de l'état gazeux
à l'état liquide. Dès que l'on repasse en dessous
de ce seuil on repasse à l'état gazeux.
Or ces phénomènes
s'accompagnent au sein de la masse d'air concernée de modifications
thermiques :
- le passage de l'état
gazeux à l'état liquide, qualifiait de condensation, se traduit
par une libération d'énergie et donc par un réchauffement
de la masse d'air concernée.
- le passage de l'état
liquide à l'état gazeux se traduit par un prélèvement
d'énergie calorifique et donc par un refroidissement de la masse
d'air concernée.
Nous pouvons maintenant récapituler :
De l'air échauffé
s'élève et en progressant vers le haut il se détend
car la pression diminue. Sa température baisse et ce d'autant plus
qu'il se mêle peu à peu à de l'air ambiant plus froid.
En se refroidissant cet air a tendance à redescendre car sa densité
augmente (il est plus lourd). Cette redescente entraîne une augmentation
de la pression, une compression de l'air qui alors se réchauffe
et à tendance à remonter.
La pression influe sur la température
et vice-versa.
Ce schéma est compliqué
par la présence d'eau car en se chargeant de vapeur d'eau l'air
perd de l'énergie calorifique ce qui accentue la baisse de température
qui s'opère au fur et à mesure de l'élévation.
Mais cette baisse permet à la masse d'air d'atteindre son point
de rosée, processus qui se traduit par une libération d'énergie
calorifique. Cette libération de chaleur entraîne une augmentation
de la température qui permet à la masse d'air d'une part
de continuer à progresser vers le haut et d'autre part d'emmagasiner
de nouvelles quantités d'eau.
Cet échauffement éloigne
également la masse d'air de son point de rosée. C'est pourquoi
de l'air saturé d'humidité se refroidit moins vite (gradient
thermique de 0,5°C) car la condensation entraîne une augmentation
de la température de l'air.
Conclusion :
Il convient donc de ne pas confondre
la notion dynamique dont il vient d'être question avec le gradient
thermique vertical de l'atmosphère qui est lié essentiellement
à la radiation solaire.
Ceci dit, les deux sources
d’énergie calorifique qui confèrent aux masses d’air leurs
caractéristiques thermiques (dynamique de l’air et apport énergétique
solaire) combinent leur effet. Ainsi la stabilité ou l'instabilité
d'une masse d'air dépend du rapport entre :
- d'une part le gradient thermique
vertical de l'atmosphère qui est lié lui à la radiation
solaire. Ce gradient, à peu près constant, a une valeur moyenne
de 0,6°C pour 100 m ;
- le gradient adiabatique,
qui lui est lié à la pression et est compris entre 0,5°C
et 1°C pour 100 m selon que l'on a à faire à de l'air
saturé en humidité ou non.
Retenons que :
- 1/- plus le gradient thermique
est faible plus les mouvements verticaux de l'air sont limités.
- 2/- une forte décroissance
thermique dans le sens vertical a pour effet de créer ou d'accroître
l'instabilité de l'air.
Les mouvements ascendants influent sur l'humidité relative. On a vu qu'une baisse de température amenait une masse d'air à son point de rosée. La condensation n'est cependant possible qu'en présence de poussières qui fixent la condensation : ces poussières sont qualifiées de noyaux de condensation. (ex : sursaturation, traînées blanches qui apparaissent dans le sillage des avions).3-2-2-2/- Les précipitations.
La lame d'eau moyenne annuelle précipitée à la surface du globe est de 900 mm soit 14 Mi de tonnes d'eau à la seconde.3-2-3/- La répartition des précipitations.
Nous avons vu qu'il y avait des différences de pression atmosphérique dans le sens vertical. Des différences existent aussi dans le sens horizontal. Elles sont moins importantes que les premières mais les déplacements latéraux de l'air ont une ampleur et une rapidité très nettement supérieures.3-3/- Les mouvements latéraux de l'atmosphère.
3-3-1/- Les champs de pression atmosphérique.
On mesure aussi les champs de pression en altitude. On définit alors la topographie de la surface 500, 700 mbar. L'altitude moyenne de la surface 500 mbar est de 5560 m, celle de la surface 700 mbar est de 3000 m.
Quelques remarques :
- Une zone de hautes pressions
en altitude ne correspond pas forcément à un anticyclone
à la surface terrestre.
- le champ de pression au sol
est perturbé par les irrégularités du relief.
- le champ de pression varie
dans le temps ; les anticyclones et les dépressions ne sont pas
fixes. Les premiers sont plus stables que les secondes.
- cependant certains individus
isobariques ont tendance à se maintenir une bonne partie de l'année
dans un même secteur ou à se reformer à intervalles
plus ou moins réguliers aux mêmes endroits. On leur donne
le nom de centres d'action. L'anticyclone des Açores et la dépression
d'Islande sont des centres d'action.
Dans un anticyclone l'air est
subsident c'est-à-dire que du fait des hautes pressions il se dirige
du haut vers le bas, il est plaqué au sol. Au sol les vents sont
divergents et se dirigent vers les basses pressions(fig. 25A).
Dans une dépression
les vents au sol convergent et l'air est ascendant du fait de la faiblesse
des pressions (fig. 25B).
Le vent est un déplacement d'air à peu près horizontal sauf dans les régions où le relief impose aux particules d'air des mouvements ascendants ou subsidents.3-3-2/- Les mécanismes du vent.
Les choses sont compliquées
du fait que :
- la force de Coriolis est
étroitement dépendante de la force du vent. Or le vent est
lui-même dépendant des irrégularités qui génèrent
des forces de frottement qui ralentissent le vent et modifient donc les
effets de la force de Coriolis. Aussi les vents géostrophiques n'existent-ils
qu'à partir de 1000 m d'altitude.
- la force de Coriolis varie
avec la latitude et plus précisément avec le sinus de la
latitude. Elle varie donc de l'équateur, où elle est quasi
nulle (sinus 0° = 0), aux pôles où elle est maximum (sinus
90° = 1). Aussi l'angle que fait la direction du vent avec les isobares
est plus important dans la zone intertropicale. On se rapproche du vent
de gradient.
- Les forces de frottements
étant plus importantes au-dessus des continents, le vent est plus
oblique au-dessus des océans que des terres. Les dépressions
se comblent donc plus vite au-dessus des océans.
- la force de Coriolis n'est
qu'apparente (exemple du disque animé).
La circulation générale de l'atmosphère permet de préciser les relations qui existent entre les différents facteurs responsables de la dynamique des climats.3-4/- La dynamique générale de l'atmosphère.
A partir des valeurs moyennes des pressions au sol, on peut présenter un dispositif très schématique de la circulation atmosphérique en surface. ce dispositif comprend (fig. 29) :3-4-1/- Le schéma d'ensemble de la circulation en surface.
A ces centres d'actions sont
associés des vents dont la direction moyenne prédominante
dépend, partiellement au moins, de la force de Coriolis. La terre
tournant d'ouest en est, les vents sont orientés vers l'est quand
cette force est supérieure au déplacement de l'air.
C'est le cas aux hautes latitudes
(vents d'est) et surtout aux latitudes intertropicales où les alizés
soufflent du nord-est dans l'hémisphère Nord et du sud-est
dans l'hémisphère Sud. Ces vents ont une constance et une
régularité remarquables. Ils sont depuis des siècles
bien connus des navigateurs.
Aux moyennes latitudes, entre
35° et 65° de latitude, les vents dominants sont des vents d'ouest
qualifiés de Westerlies. Ces vents constituent un anneau autour
de la Terre, anneau qui est particulièrement net et continu dans
l'hémisphère Sud.
Au voisinage de l'équateur,
les alizés des deux hémisphères convergent dans la
zone de convergence intertropicale (C.I.T.). Localement cependant, dans
l'océan Atlantique au large du golfe de Guinée et dans le
Pacifique au large des côtes d'Amérique centrale, les alizés
s'affaiblissent dans une zone de vents très faibles appelés
doldrums ou calmes équatoriaux. Ces régions sont depuis toujours
redoutées par les marins. Enfin, on assiste, principalement sur
l'océan Indien et plus à l'est, sur l'Indonésie et
la mer de Chine Méridionale, à un renversement saisonnier
des vents. En juillet, les alizés de l'hémisphère
Sud franchissent l'équateur et adoptent une direction d'ouest. C'est
ce que l'on appelle la mousson.
Ce dispositif général
se déplace vers le nord en juin, juillet, août ; ainsi, dans
l'hémisphère Nord les anticyclones subtropicaux remontent
vers les moyennes latitudes et nous assurent un temps estival chaud et
peu humide. L'hiver à nos latitudes est marqué par un repli
en direction de l'équateur des cellules anticycloniques ce qui laisse
le passage aux Westerlies porteurs des masses d'air humide sources de précipitations
et aux masses d'air polaires et arctiques sources de fraîcheur ou
de froid.
Le caractère zonal de
ce dispositif est perturbé par l'inégale répartition
des mers et des terres et l'irrégularité du relief.
Ce dispositif à lui tout
seul ne constitue pas toute la dynamique générale de l'atmosphère.
La circulation en altitude joue un rôle fondamental, principalement
à travers principalement le courant-jet. Aux moyennes latitudes
le jet-stream se situe entre 12 et 15 km d'altitude soit à la limite
supérieure de la troposphère.
L'influence du relief étant
quasi nulle à cette altitude, le jet-stream est un grand flux d'ouest
dont la vitesse est souvent supérieure à 200 km/h et atteint
parfois 400 km/h.
Le jet-stream se compose en
fait de deux courants bien dissociés en hiver surtout , l'un subtropical
et l'autre plus proche du pôle.
En hiver sur l'hémisphère
Nord les jets sont situés à des latitudes relativement basses.
En été ils se déplacent vers le nord et leur vitesse
s'affaiblit.
Par ailleurs les courants-jets
peuvent voir leur vitesse diminuer suffisamment pour que le flux adopte
un tracé très sinueux. A moins de 70km/h on voit s'individualiser
de grandes sinuosités d'une longueur d'onde comprise entre 1600
et 3200 km (fig. 30). Des cellules de hautes et basses pressions
occupent les convexités des sinuosités. Le système
se bloque pratiquement et les échanges méridiens se substituent
aux échanges latéraux.
Une masse d'air est un grand volume d'air dont les propriétés physiques -températures, humidité, densité, gradient- sont relativement uniformes dans le plan horizontal.3-4-2/- Les masses d'air, la frontogenèse et les perturbations.
La rencontre de 2 masses d'air très contrastées génère des surfaces de discontinuité que l'on appelle front (fig. 31 B).
On distingue plusieurs types
de fronts. Les plus importants se situent aux moyennes latitudes où
se rencontrent les masses d'air les plus contrastées. Je citerai
:
- le front arctique qui naît
de la rencontre de l'air arctique -ou antarctique- avec l'air polaire.
- le front polaire qui naît
de la rencontre de l'air tropical et de l'air polaire.
- le front intertropical (F.I.T.)
qui correspond à la C.I.T.
- le Front des Alizés
(F.A.L.) entre 2 cellules voisines de hautes pressions.
La frontogenèse est la
naissance d'un front. Le plus souvent la masse d'air la plus dense glisse
sous la masse d'air la plus légère provoquant l'ascendance
de la seconde (fig. 31 C).
Le long des fronts naissent
alors des mouvements ondulatoires que l'on appelle perturbations. Ces perturbations
se succèdent souvent les unes aux autres constituant des trains
ou des familles de perturbations. à nos latitudes ces trains de
perturbations se succèdent d'ouest en est et s'affaiblissent en
pénétrant plus avant à l'intérieur du continent
eurasiatique.
L'analyse plus concrète
des éléments qui composent la réalité changeante
du temps passe par l'analyse de situations vraies : les types de temps.
L'étude des types de
temps s'appuie sur les Bulletins quotidiens de renseignements et les Bulletins
quotidiens d'études de la Météorologie nationale.
A vous d'étudier quelques
uns des principaux types de temps (cf. Estienne/Godard ou Pagney).
La circulation des courants marins est l'autre facteur fondamental de la répartition des climats à la surface de la Terre (fig. complémentaire distribuée en TD : circulation thermohaline, Magny p. 132-133 ; voir aussi la carte des courants marins sur l’Atlas 2000).3-5/- Les implications climatiques de la circulation océanique.
La classification des climats pose de nombreux problèmes méthodologiques au point qu'aucune classification n'a jamais pu s'imposer et de nouvelles sont régulièrement proposées.3-6/- Les grandes divisions climatiques du globe.
Ex. : Comment définir
un état désertique ? Comment fixer les limites de l'aridité
?
Dès le début
du siècle E. de Martonne a mis au point un indice d'aridité
:
P
I = --------------- où
P = les précipitations de l'année, T = la température
T + 10 moyenne annuelle
Si I<5, c'est l'hyperaridité
; si 5<I<10, c'est encore le désert ; si 10<I<20, c'est
la semi-aridité et tout va dépendre de la répartition
saisonnière des pluies.
D'autres indices plus sophistiqués
ont été élaborés depuis : ceux de Gaussen,
de Gorzynski, de Thornthwaite, de Köppen...
Parmi les classifications les
plus connues il y a celles de E. Martonne, de Ch. Péguy, celle de
Köppen fondée sur des critères biogéographiques,
celle de l'américain Thornthwaite, celle de l'allemand Kupper...
Mais beaucoup de celles que
vous trouverez dans les ouvrages sont des synthèses de plusieurs
classifications avec chacune un apport original tiré d'études
régionales.
En ce qui me concerne je vous
conseille soit la classification proposée par Pagney soit celle
plus complexe d'Estienne et Godard (fig. 32).
Je vous laisse travailler seuls
cette partie du chapitre en vous donnant les recommandations suivantes
:
- tenez-vous en uniquement
aux principaux climats (méditérranéen, polaire...)
sans rentrer dans les subdivisions régionales.
- retenez seulement les grandes
caractéristiques de chaque climat : ex. le climat polaire se caractérise,
entre autre, par l'absence d'été et l'absence de l'arbre
(retenez l'importance de la limite de l'isotherme +10° pour le mois
le moins froid).
- pour chaque climat retenez
les données caractéristiques de températures et de
précipitations d'une ou deux postes climatiques (moyennes annuelles).
Il faut connaître au moins des ordres de grandeur. Sachez localiser
ces postes climatiques sur le globe. Ex. Coppermine, climat arctique continental,
t = -11,4° et P = 246 mm.
- sachez placer sur une carte
la zone géographique affectée par un climat donné.
- intéressez-vous tout
spécialement à la différence dans la répartition
des climats entre les façades orientales des continents et les façades
occidentales.
- faîtes bien la relation
avec la dynamique générale de l'atmosphère ; la carte
de la circulation atmosphérique générale sert de trame
à toute classification ; la connaître évité
par conséquent les plus grosses erreurs.
- connaissez les grands phénomènes
climatiques : mousson, cyclones tropicaux, El-Nino...etc.
On appréhende assez bien, intuitivement je dirais, la variabilité du climat à l'échelle de l'année voire d'une dizaine d'années. Mais les variations climatiques sont présentent à toutes les échelles de temps.3-7/- La variabilité naturelle du climat.
Nous disposons seulement d'éléments permettant de savoir avec certitude que le climat a changé à plusieurs reprises depuis 4,5 Ma d'années (chronologie générale (fig. 33). Ainsi on sait qu'il y a eu deux phases glaciaires au Primaire une au début, une à la fin de cette ère.3-7-1/- Les changements climatiques à l'échelle géologique.
On connaît davantage les variations plus récentes car du fait de leur moindre ancienneté les marqueurs ont été conservés en plus grand nombre. Cette période correspond aussi développement de la civilisation acheuléenne conduite par Homo erectus.3-7-2/- Les variations climatiques au Quaternaire.
***- à l'échelle du dernier millénaire on a également défini des fluctuations à court terme (fig. 36). En effet si, au cours de la phase Subatlantique on n'a pas observé de variations bioclimatiques perceptibles au travers des analyses polliniques, on a cependant constaté des changements climatiques. On utilise souvent à leur propos l'expression de tendance climatique (trend en anglais). La plus connue de ces tendances est celle qui s'est dessinée à partir de 1550 et qui dura jusqu'en 1850, le Petit Âge Glaciaire. Globalement, le climat s'est sensiblement raffraîchi au cours de cette période (1°C. de moins en moyenne que depuis 1850).
****- A l'échelle interdécennale on a fréquemment des variations, avec des décennies plus chaudes comme les années 1940-49 ou plus fraîches.
*****- On peut enfin avoir des anomalies climatiques très courtes avec 1 année particulièrement froide par exemple comme ce fut le cas en 1816, l'année sans été qui succéda à l'éruption du volcan indonésien Tambora.
Pour conclure j'ajouterai que plus les échelles de temps sont courtes, plus l'amplitude des variations climatiques naturelles est faible. Ainsi d'un âge glaciaire à un interglaciaire, soit une période de 100 000 ans, la température du globe varie de 5 à 6 °C avec des variations extrêmes de 10°C comme c'est le cas entre le dernier pléniglaciaire würmien (-20 000 ans) et la période actuelle. Par contre la différence de température entre le Petit Âge Glaciaire et la fin du XXe siècle est de 1°C.
Conclusion : La contrainte climatique et la notion de risque.
Malgré les avancées
technologiques des derniers siècles l'Homme n'a pu s'affranchir
de la contrainte climatique.
Le manque d'eau en particulier
reste une contrainte majeure. D'immenses étendues sahariennes, de
la péninsule arabique, d'Asie centrale sont très peu peuplées
voire inhabitées du fait de l'absence d'eau. Il en est de même
pour les hautes latitudes où c'est le froid qui exerce une forte
contrainte mais aussi pour les hautes altitudes ou le froid, la pente et
la rareté de l'oxygène gênent considérablement
les hommes.
Mais il n'y a jamais eu véritablement
de contraintes absolues car l'Homme a su s'adapter aux conditions climatiques
des milieux extrêmes.
Ainsi les eskimos du Grand
Nord américain, venus d'Asie Nord-Orientale il y a au moins 25000
ans ont démontré de remarquables aptitudes à s'adapter
à des situations extrêmes. On peut faire la même remarque
à propos des Kogi (Andes), des Tibétains, des Touaregs, des
Pygmés ou des Yanomamis, autant de populations qui ont su s'adapter
à des milieux bioclimatiques qui se singularisent par le caractère
excessif de certains éléments climatiques : précipitations,
températures, taux d'oxygène dans l'air ...
D'autre part, un aspect d'un
climat donné qui fut perçu comme une contrainte à
une période de l'histoire a pu devenir un élément
favorable au développement à une autre période (ex.
de la neige).
L'évolution technologique
de ces derniers siècles a quelque peu libéré l'Homme
de cette contrainte climatique mais elle pèse toujours :
- d'abord parce qu'il est difficile
physiologiquement, physiquement, de supporter certaines conditions climatiques
quand on veut adopter des modes de vie occidentaux ;
- ensuite il faut bien voir
que, si l'exploitation des milieux extrêmes est possible technologiquement
, elle demeure difficile voire impossible économiquement (ex. :
nodules polymétalliques, Antarctique...). La rentabilité
a d'ailleurs toujours guidé l'action humaine. Ce n'est pas une notion
récente associée seulement au système capitaliste.
En effet pour assurer ses besoins primaires, l'Homme, comme tous les êtres
vivants, a toujours cherché à économiser ses efforts
tout simplement parce qu'il est vital pour tout être vivant de ne
pas dépenser à la recherche de nourriture plus d'énergie
que l'on n'en récupérera lors de la chasse ou de la cueillette.
Dans les sociétés modernes c'est la rentabilité financière
qui est devenue vitale mais le problème de fond reste le même.
Je terminerai en précisant que quel que soit le niveau technologique d'une société, elle élabore sa stratégie d'exploitation du milieu en fonction d'un climat moyen tout en tenant compte d'un certain écart à la moyenne. Le problème ce sont évidemment les événements climatiques extrêmes qui peuvent gravement perturber l'organisation des communautés humaines. Avec ces événements apparaît la notion de risque. Le risque est proportionnel aux intérêts économiques et humains menacés. Il peut se définir comme le produit de 3 termes dépendant les uns des autres : le patrimoine, sa vulnérabilité, la probabilité de l’événement destructeur. Toute la difficulté est celle de la prévision car une catastrophe est un phénomène aléatoire dont on connaît la nature et les mécanismes physiques mais dont on ignore précisément le moment et le lieu de la prochaine occurrence.
Ainsi tout aménagement
d'un territoire doit tenir compte des risques afférents à
l'implantation humaine dans cet espace. Le tout est de savoir quelle est
la tolérance aux risques, ce facteur évoluant au gré
des époques, et selon les populations concernées. C'est un
facteur fondamentalement socioculturel.