Chapitre 11

OCCLUSION DE L’ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE OU DE SES BRANCHES (OACR)

Pr Philippe Gain, Dr Gilles Thuret

Responsable du document : Pr Philippe Gain

Dernière mise à jour : 17 février 2003

I - DÉFINITION
II - RAPPEL ANATOMIQUE
III – DIAGNOSTIC POSITIF (se pose, repose, impose...)

1 – le diagnostic se pose à tout âge, mais plutôt l’adulte ou le sujet âgé qui consulte pour les SF suivants 
2le diagnostic repose sur
3 – évolution
4 – formes cliniques (50%)

IV - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
V - DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE (+++)

1 - Thrombose locale (2/3)
2 - Embolie à distance (1/3)
3 - Spasme artériel (rarissime)

VI – TRAITEMENT

1 - Traitement symptomatique (?)
2 - Traitement étiologique +++ (ne pas oublier sinon zéro à la QI).


OCCLUSION DE L’ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE

OU DE SES BRANCHES (OACR)

Pr Philippe Gain, Dr Gilles Thuret

I - DÉFINITION

C’est l’occlusion, comme son nom l’indique, du tronc de l’artère centrale de la rétine ou d’une (ou plusieurs) de ses 4 branches (artères temporales supérieure et inférieure, artères nasales supérieure et inférieure). Que ce soit l’occlusion du tronc ou l’une des branches, il s'agit d'un diagnostic à faire d'urgence, en particulier pour le diagnostic étiologique (pas tellement pour la thérapeutique car le pronostic est le plus souvent désastreux…).

L’intérêt de la question est en effet le diagnostic étiologique +++ car "certaines causes menacent la vie du sujet (risque d’AVC), d’autres la vue du sujet (risque de bilatéralisation dans le Horton)".

 

II - RAPPEL ANATOMIQUE

L’artère centrale de la rétine est une artériole terminale. Il n’y a pas de possibilité de circulation collatérale.

Enfin on comprend que l’occlusion peut avoir 3 grands mécanismes : embol migrant de la carotide homolatérale (sujet âgé) ou du cœur (à tout âge), thrombose locale (penser Horton, même si ce n’est pas la cause la plus fréquente) enfin spasme artériel (hyper-rare).

 

III – DIAGNOSTIC POSITIF (se pose, repose, impose…)

Nous prendrons pour type de description l’occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR), forme la plus fréquente (50%). Les autres formes cliniques (50%) sont envisagées plus bas et sont à bien connaître car ont la même valeur sémiologique (tombent en QCM). L'affection est fort heureusement le plus souvent unilatérale.

1 – le diagnostic se pose à tout âge, mais plutôt chez l’adulte ou le sujet âgé qui consulte pour les SF suivants :

2 le diagnostic repose sur :

2-1 le FO sur pupilles dilatées qui retrouve

Typiquement une triade (tombe en QCM) :

L’expression imagée qui marque la mémoire " le fond d’œil pâle avec la macula rouge cerise, c’est l’OACR " (image qui marque la mémoire).

En fait le plus souvent, l’OACR est vue un peu plus tard et les artères se sont spontanément reperméabilisées (mais " le mal est fait "), et on retrouve parfois des artères normales !

Parfois on verra un embol dans le tronc de l’artère centrale de la rétine, à l’émergence de la papille (point blanc jaunâtre minuscule).

Parfois encore on observera des signes d’artériosclérose majeure (artères moniliformes, irrégulières, très grêles).

Exceptionnellement on observera un spasme artériel (très rare) qu’on verra disparaître sous nos yeux.

2-2 il n’y a qu’un seul examen complémentaire à faire (obligatoire, bien que le diagnostic soit souvent évident cliniquement) : l’angiographie rétinienne en fluorescence.

 

               

 

3 évolution

 

4 – formes cliniques (50%) (à connaître car même valeur étiologique mais pas le même pronostic) :

4-1 Occlusion d’une des 4 branches de l’artère centrale (forme clinique la plus fréquente, 45%).

Les SF sont localisés dans la quadrant occlus : scotome dans un quadrant du champ visuel de survenue brutale (diamétralement opposé à la branche occluse), avec acuité visuelle conservée si branche nasale, souvent diminuée en partie si branche temporale. Pas de mydriase.

4-2 OACR associée à la présence (bienheureuse) d’une artère cilio-rétinienne (rare mais tableau caractéristique).

Cette artère joue le rôle de " roue de secours " chez les personnes possédant cette variante anatomique.

4-3 Occlusion (à l’inverse) d’une artère ciliorétinienne seule (rarissime).

 

IV - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Il ne se pose pas !

En effet, tout sujet qui présente une baisse d'acuité visuelle rapide ou brutale à œil blanc et indolore impose un FO en urgence (cf question) qui fera le diagnostic entre les 6 causes possibles (tombe en QCM): occlusion de la veine centrale de la rétine (BAV moins brutale et moins totale, pas de mydriase), décollement total de rétine (autres symptômes associés), hémorragie dans le vitré, névrite optique aiguë, ischémie aiguë de la tête du nerf optique (Horton aussi), maculopathie aiguë.

Pour les savants, on pourrait discuter avant le FO bien sûr, en cas de :

V - DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE (+++)

L’intérêt de la question est le diagnostic étiologique +++ car "certaines causes menacent la vie du sujet (risque d’AVC voir de décès), d’autres la vue du sujet (risque de bilatéralisation dans le Horton)".

On distingue 3 grands mécanismes :

1 - Thrombose locale (2/3)

1-1- Deux grandes étiologies

Il convient, à la moindre suspicion, de mettre en route d’urgence de la corticothérapie (1 à 2 mg/kg) sans attendre la pratique ni les résultats de la biopsie d’artère temporale, ceci pour éviter la bilatéralisation. Hélas, la corticothérapie ne guérira pas l'œil malade… mais réduit considérablement le risque de bilatéralisation.

1-2 - Raretés

Pour les savants : thrombose dans le cadre d'artérites inflammatoires non Horton (Takayasu, PAN, lupus…). Quand vous en verrez une, envoyez-moi un mail…

2 - Embolie à distance (1/3)

Tous les embols peuvent se voir. Trois risques : embol associé cérébral (AVC), embol vers le 2ème œil, mort subite.

Deux points communs : les artères du 2ème œil sont saines (ou presque… si le sujet est âgé) et on voit parfois un embol au FO ou en angiographie rétinienne.

2-1- Trois grands tableaux

2-2 - Raretés

Pour les savants : embols d'autres origines tels myxôme de l'oreillette gauche, embolie graisseuse (faire FO);, embol de talc (toxicomanes intra-veineux), embols septiques d'endocardite infectieuse (parfois bilatéraux).

3- Spasme artériel (rarissime)

Rarissime, observé dans des intoxications à la quinine (tombe en QCM).

 

VI – TRAITEMENT

Seul le traitement étiologique est efficace… sur la prévention de l'atteinte du 2ème œil et le risque de complications plus graves (AVC, mort subite).

A ce titre, le traitement symptomatique peut difficilement faire l'objet d'un QI à lui seul !

1 – Traitement symptomatique (?)

2- Traitement étiologique +++ (ne pas oublier sinon zéro à la QI).
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