Examen d’Ophtalmologie mini certificat DCEM 2
Vendredi 8 décembre 2002
A faire en 10 minutes : réponses très brèves (parfois un mot, maximum quelques mots !)
Correction sur 10 points
Professeur Philippe Gain, Docteur Gilles Thuret, Professeur Jean Maugery
Mis à jour le 19 décembre 2002
Cette femme de 37 ans vous amène son bébé en consultation. Elle est inquiète car elle a l’impression qu’il présente un strabisme convergent des 2 yeux et ce depuis la naissance. Il a 7 mois, le strabisme est de grand angle, et toujours du même œil. La maman n’a pas perçu d’amélioration depuis la naissance. Il n’y a aucun antécédent ophtalmologique familial grave, mis à part le port de lunettes chez la mère, depuis l’âge de 13 ans, en raison de céphalées à la lecture et une presbytie précoce, depuis l’âge de 34 ans, l’obligeant à mettre des lunettes à double foyer pour lire son journal. Le grand père a, par ailleurs, un glaucome chronique sévère.
QUESTION N° 1 (sur 1,5 points) : Quels sont, dans cette observation, les éléments qui plaident en faveur d’un strabisme réel et non une simple " immaturité banale " de l’équilibre oculomoteur du nourrisson.
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 2 (sur 1 points) : Quelle est le principal diagnostic différentiel du strabisme convergent ? Par quel manœuvre clinique simple l’éliminez-vous ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 3 (sur 1 points) : Quel est le trouble de la réfraction probablement à l’origine de ce strabisme ? Par quelle manœuvre l’ophtalmologiste va t’il le rechercher ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 4 (sur 1 points) : Face à un strabisme du nourrisson, il faut absolument éliminer une cause organique responsable d’une malvision de l’un ou des 2 yeux. Citez en deux exemples.
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 5 (sur 0,5 point) : Quel est, en dehors de l’aspect esthétique, le risque principal encouru chez l’enfant à moyen terme si les parents (et l’enfant) ne se plient pas au traitement optique et orthoptique du strabisme ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 6 (sur 0,5 points) : Pourquoi la mère a t’elle été presbyte si jeune ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 7 (sur 1,5 points) : Le grand père de l’enfant vous demande de renouveler son ordonnance de collyres prescrits pour un glaucome chronique. Que devez vous lui rappeler quand à l’instillation de ces collyres ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 8 (sur 2 points) : A quel rythme et quels sont les éléments de la surveillance de la maladie du grand père ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
QUESTION N° 9 (sur 1 points) : Y ‘a t’il contre indication à la dilatation des pupilles du grand père ? Pourquoi ?
Réponse : ……………………………………………………………………………………………………………………………
Examen d’Ophtalmologie mini certificat DCEM 2
Vendredi 8 décembre 2002
Grille de correction sur 20 points, note ramenée à 10 points
Professeur Gain
Cette femme de 37 ans vous amène son bébé en consultation. Elle est inquiète car elle a l’impression qu’il présente un strabisme convergent des 2 yeux et ce depuis la naissance. Il a 7 mois, le strabisme est de grand angle, et toujours du même œil. La maman n’a pas perçu d’amélioration depuis la naissance. Il n’y a aucun antécédent ophtalmologique familial grave, mis à part le port de lunettes chez la mère, depuis l’âge de 13 ans, en raison de céphalées à la lecture et une presbytie précoce, depuis l’âge de 34 ans, l’obligeant à mettre des lunettes à double foyer pour lire son journal. Le grand père a, par ailleurs, un glaucome chronique sévère.
QUESTION N° 1 (sur 3 points)
Quels sont, dans cette observation, les éléments qui plaident en faveur d’un strabisme réel et non une simple " immaturité banale " de l’équilibre oculomoteur du nourrisson.
|
Age de 7 mois |
Toujours pathologique après 3 mois et sans amélioration depuis la naissance |
1 |
|
Grand angle |
1 |
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Non alternante |
Toujours du même oeil |
1 |
QUESTION N° 2 (sur 2 points)
Quelle est le principal diagnostic différentiel du strabisme convergent ? Par quelle manœuvre clinique simple l’éliminez-vous ?
|
Epicanthus |
Dit "troisième paupière" des oiseaux |
1 |
|
Test des reflets cornéens |
Centrés si épicanthus, en dehors du centre de la cornée si converge, en dedans si diverge Attention : -1 si l’étudiant propose deux réponses ! |
1 |
QUESTION N° 3 (sur 2 points)
Quel est le trouble de la réfraction probablement à l’origine de ce strabisme ? Par quel manœuvre l’ophtalmologiste va t’il le rechercher ?
|
Hypermétropie |
Car hyper accommodation provoque la convergence ! |
1 |
|
Skiascopie |
Réalisée sous paralysie de l’acommodation = cycloplégie (Atropine ou Skiacol) |
1 |
QUESTION N° 4 (sur 2 points)
Face à un strabisme du nourrisson, il faut absolument éliminer une cause organique responsable d’une malvision de l’un ou des 2 yeux. Citez en deux exemples.
|
Cataracte congénitale |
Chercher leucocorie, ATCD familiaux (parfois dominantes autosomique) |
1 point par exemple juste |
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Rétinoblastome |
Chercher leucocorie, ATCD familiaux (dominant autosomique) |
/ |
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Foyer de choriorétinite toxoplasmique |
Contractée durant la grossesse chez femme, au départ séro-négative |
/ |
|
Gliome du nerf optique |
Rare, papille pâle, Recklinghausen associé parfois ? |
/ |
QUESTION N° 5 (sur 1 point)
Quel est, en dehors de l’aspect esthétique, le risque principal encouru chez l’enfant à moyen terme si les parents (et l’enfant) ne se plient pas au traitement optique et orthoptique du strabisme ?
|
Amblyopie |
Dite fonctionnelle (œil sous jacent sain), hélas irréversible après 6 ans |
1 |
QUESTION N° 6 (sur 1 points)
Pourquoi la mère a t’elle été presbyte si jeune ?
|
Car elle est hypermétrope |
Elle aussi ! ses yeux sont " trop court ", pas assez convergent donc accom-modation vite dépassée avec l’âge ! |
1 |
QUESTION N° 7 (sur 3 points)
Le grand père de l’enfant vous demande de renouveler son ordonnance de collyres prescrits pour un glaucome chronique. Que devez vous lui rappeler quand à l’instillation de ces collyres ?
|
Dans les 2 yeux |
Car maladie bilatérale, parfois asymétrique |
1 |
|
Tous les jours |
Car maladie chronique, ne jamais oublier (veiller à l’observance !) |
1 |
|
Toute la vie |
Sinon risque de dégâts irréversibles sur le champs visuel (par atrophie optique progressive sans rougeur ni douleurs). Aphorisme : " tout ce qui est perdu est perdu " |
1 |
QUESTION N° 8 (sur 4 points)
A quel rythme et quels sont les éléments de la surveillance dans cette maladie ?
|
1 fois par an |
Ou, surtout si mal équilibré alors 2 fois / an |
1 |
|
Pression intraoculaire : <20 mmHg |
Prise au tonomètre à aplanation ou à air (pas au doigt !) |
1 |
|
Fond d’œil : aspect des papilles |
Excavation et pâleur des 2 papilles doit être stables (fond d’œil dilaté possible !) |
1 |
|
Champs visuel : surface des scotomes |
Périmétrie automatisée, vérifie que les scotomes sont stables |
1 |
QUESTION N° 9 (sur 2 points)
Y ‘a t’il contre indication à la dilatation des pupilles du grand père ? Pourquoi ?
|
Non |
/ |
1 |
|
Car angles irido-cornéens ouverts |
Pas de risque de fermeture de l’angle |
1 |
COMMENTAIRES SUR LA CORRECTION DE L’ÉPREUVE D’OPHTALMOLOGIE
DCEM 2 du Vendredi 8 Décembre 2002
Professeur Philippe GAIN
Dans l’ensemble, les copies étaient très bonnes puisque sur 81 copies corrigées, 10 seulement ont moins de la moyenne. Les notes sont même souvent excellentes puisque 41 copies ont entre 8 et 10/10. La note minimale est de 0,5 et la note maximale de 10. Il est évident que tous les étudiants plantés faisaient partie des rares absents aux 2 séances de coaching…
Les principales erreurs rencontrées étaient :
- question 1 : l’oubli du grand angle et bien souvent l’oubli de l’âge supérieur à 3 mois
- question 2 : confusion avec l’ésophorie qui est une pathologie de l’adulte (un oeil qui a tendance à aller en dedans et à provoquer une certaine fatigue visuelle). Le test attendu était le reflet cornéen (et non le reflet pupillaire qui lui est anormal s’il y a un trouble des milieux transparents). En pratique, une simple lampe de poche braquée en face du front du bébé voit son reflet projeté " pile " au centre de la cornée (petit point blanc) s’il n’y a pas de strabisme. Une démo avait été faite sur un externe lors de la séance de coaching 1… ceux qui n’ont pas répondu n’étaient manifestement pas présents. A noter qu’il était demandé 1 seul examen (et non pas 2) ce qui induisait en cas de double réponse un 0 à cette question (comme dans votre futur examen classant national).
- question 3 : certains étudiants ont mesuré l'acuité visuelle ! Pas à 7 mois !
- question 4 : il était demandé 2 réponses mais certains étudiants en ont parfois donné 3 ou 4. Ceci n’entraînait pas de pénalisation ... dès lors que les réponses étaient toutes bonnes. Par contre, la paralysie du VI congénital est absolument rarissime. Le glaucome congénital peut certes donner un strabisme mais ce n’est pas du tout le signe qui le fait le découvrir (pour mémoire, le maître symptôme est le " gros œil " (en fait grand diamètre cornéen) et 2 petits signes, photophobie et larmoiement).
- question 5 : la question attendue était amblyopie ... et non pas strabisme chez l’adulte !
- question 6 : RAS
- question 7 : RAS
- question 8 : le rythme de la surveillance était souvent oublié ! Il fallait préciser ce que l’on attendait du fond d'oeil : surveillance de l’atrophie optique (pâleur et excavation papillaire). Il n’y avait aucune douleur à attendre …dans la surveillance d’un glaucome chronique qui donne par définition un oeil blanc et indolore ! Enfin, l'acuité visuelle est le plus mauvais élément de la surveillance puisqu’elle ne disparaît que lorsque le glaucome est " agonique " !
- question 9 : on attendait que l’étudiant prononce NON d’emblée… sans tergiversation… (c’est ainsi lors des concours ou de votre futur examen classant national). Les abréviations telles GAF devaient être évitées dès lors qu’elles n’étaient pas justifiées. A noter, certains étudiants proposaient un risque de fermeture de l’angle car l’âge du grand-père était avancé, il y avait des antécédents d’hypermétropie familiale ... Ceci n’est pas recevable car il est bien précisé qu’il s’agissait d’un glaucome chronique.
Et comme chaque fois le tant attendu bêtisier des étudiants. Accrochez vous !
- le physiologiste repenti qui parle, dans la question 9, de glaucome chronique par " ouverture de l’angle ". C’est normal…- le fossoyeur de la Sécurité Sociale qui, dans la question 8, propose " une surveillance du glaucome chronique tous les jours (et 2 fois /jour) ", ce qui fait un total de 2 fois 365 x 30 ans x 150 Francs = 3 285 000 francs… (je vous fais grâce des euros).
- le pléonastique qui, dans la question 1, suggère que " le strabisme n’est pas intermittent et touche toujours le même oeil "
- l’anxieux qui, dans la question 2, veut éliminer ... " une myasthénie ", franchement pas fréquente à 7 mois !
- l’ORL manqué qui, dans la question 2, propose comme diagnostic différentiel du strabisme " l’épistaxis " ! Joli !
- toujours le même étudiant, cette fois-ci plutôt anesthésiste manqué qui, dans la question 3, parle de " strabisme hypermétropique qui disparaît avec un collyre anesthésique "
- le pas clair dans sa tête qui, dans la question 9, dit " il y a contre-indication pour un glaucome aigu à angle fermé : la dilatation pupillaire augmente la fermeture de l’angle irido-cornéen, le glaucome est plutôt à angle ouvert (chirurgie si angle fermé) donc il n’y a priori pas de contre-indication " ... Vous pouvez répéter…
- le logique qui, dans la question 7, propose " instillation de collyres dans les yeux ", on s’en serait un peu douté… à ne pas avaler ni mettre en intra rectal !
- l’hésitant (qui est le même que le logique) qui, dans la question 9, dit " non ... la contre-indication n’est pas formelle ... ". Mon barème, lui, était formel.
- dans le même style l’indécis qui, dans la question 9, met " je ne pense pas ... "
- l’amoureux des noms propres qui, parle dans la question 8, " de tonomètre à aplanation de Javal ". L’appareil de Javal est l’astigmomètre. La moralité : si on ne sait pas à qui attribuer un nom propre, mieux vaut l’éviter. Il ne marque d’ailleurs en général aucun point dans les grilles de correction à l’Internat ou au futur examen classant national !
- le vague qui, dans la question 8, propose " de faire un fond d'oeil régulièrement ... "
- le télégraphique qui, dans la question 9, répond textuellement " non, c’est un GCAO et non un GAFF ". Pourquoi pas OK Coach !
- le étudiant " qui ne se mouille pas " et qui, dans la question 8, propose une surveillance " à chaque consultation "
- l’anatomopathologiste manqué qui, dans la question 4, propose comme étiologie " le médulloblastome "... au lieu du rétinoblastome ". Par chance, l’origine neuro-ectodermique de ces 2 tumeurs est la même et cette réponse, bien que fausse anatomiquement, serait tout à fait acceptable histologiquement ...
- l’opticien manqué qui, dans la question 6, parle " d’hypermétropie à -3 dioptries ". Dommage, c’était +
- le pneumologue manqué qui, dans la question 8, parle de " surveillance annuelle de l’efficacité du traitement par mesure de la FiO² " Respirez calmement pour que je ne mette pas zéro !
- le généraliste manqué qui, dans la question 8, parle de " contrôle de l’HTA ... ". Même si c’est exact (l’HTA peut aggraver la neuropathie optique par ischémie), c’est l’HTO (l’hypertension oculaire) qu’il faut surveiller !
- l’anatomiste à deux sous qui parle " d’épicanthus : on soulève la paupière supérieure "
- le cancérologue manqué qui, affirme dans la question 6, que la mére " est hypermétrope et perd ainsi 5 ans par dioptrie " (5 ans de vie ?)
- le stomatologiste manqué qui, dans la question 8, propose pour la surveillance " la mesure de la pression intra orbitaire "
- enfin, le logique formidable qui, dans la question 1, dit textuellement " en faveur du strabisme réel, pas d’antécédent de strabisme familial "… Elémentaire mon cher Watson !