Chapitre 32

PATHOLOGIE OPHTALMOLOGIQUE LIÉE AU VIEILLISSEMENT

Pr Philippe Gain, Dr Damien Grivet

Responsable du document : Pr Philippe Gain

Dernière mise à jour : 17 février 2003

I - PATHOLOGIE PALPÉBRALE ET VIEILLISSEMENT

II - PATHOLOGIE LACRYMALE ET VIEILLISSEMENT

III - PATHOLOGIE CORNÉENNE ET VIEILLISSEMENT

IV- PATHOLOGIE GLAUCOMATEUSE ET VIEILLISSEMENT

V - PATHOLOGIE CRISTALLIENNIENNE ET VIEILLISSEMENT

VI - PATHOLOGIE RÉTINIENNE ET VIEILLISSEMENT


L’œil est un système à la fois optique et neurologique très sophistiqué… et qui vieillit plutôt mal (sauf la cornée…nous le verrons plus loin). Aussi, il n’est pas étonnant avec l’âge de voir un certain nombre de performances diminuer (vision des contrastes, des couleurs etc…). Ceci s’appelle le vieillissement physiologique de l’œil et n’engendre, en pratique, pas de problèmes réels chez le sujet âgé. Par contre, l’âge est parfois responsable de réelles pathologies dont heureusement, les progrès de l’ophtalmologie et en particulier de la chirurgie et de l’anesthésie font qu’elles sont parfaitement et assez simplement curables. Il est absolument nécessaire d'en connaître les plus fréquentes d’autant que la population française vieillit considérablement et que tout médecin sera confronté aux interrogations de ses patients ! Le plus bel exemple en est la cataracte, problème (presque) banal actuellement puisqu’il s’agit en France, et dans les pays à haut niveau de vie, de l’intervention chirurgicale la plus fréquente. A côté de ce "gros morceau ", il ne faudrait pas oublier le problème de santé publique posé par la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

A noter que ce chapitre est désormais au programme du nouvel examen classant validant 2004… et qu’il a toutes les chances de tomber à l’examen de faculté ou au concours (pardon… examen) national !

Avertissement : vous le constaterez, la plupart des chapitres ont déjà été étudiés dans les cours précédents, aussi l’étudiant sera prié de s’y rapporter en cliquant sur les liens ! Nous nous contenterons ici, sauf pour le syndrome sec et la dégénérescence maculaire liée à l’âge, de quelques rappels d’importance ou d’aphorismes qui marquent la mémoire !


PATHOLOGIE OPHTALMOLOGIQUE LIEE AU VIEILLISSEMENT

Pr Philippe Gain, Dr Damien Grivet

I - PATHOLOGIE PALPÉBRALE ET VIELLISSEMENT

1- Entropion

Rappel de définition : retournement de la paupière vers l’intérieur. Il est parfois lié à l’âge parfois (comme l’est aussi l’ectropion d’ailleurs… ce qui peut paraître paradoxal !)

Rappel sémiologique : sa principale complication est l’ulcération de la cornée (ou la simple kératite) objectivée par le test à la fluorescéine.

L’expression imagée qui marque la mémoire : " le signe de la brosse à dent, c’est l’entropion qui raye la cornée "

Rappel thérapeutique : traitement chirurgical assez simple, faite sous anesthésie locale, avec un très bon résultat le plus souvent.

2- Ectropion

Rappel de définition : éversion de la paupière vers l’extérieur. Il est, comme l’entropion, parfois lié à l’âge aussi (paradoxalement, avec l’âge, soit les paupières se ramollissent "s’ectropionent ", soit elles se spasment " entropionent ".

L’expression imagée qui marque la mémoire : "  le paupières de hush puppie ", c’est l’ectropion bilatéral

Rappel sémiologique : sa principale complication est aussi l’ulcération de la cornée (ou la simple kératite, surtout en inférieur) objectivée par le test à la fluorescéine et due à la non fermeture de la paupière qui provoque une exposition à l’air de la cornée inférieure (lagophtalmie) ainsi qu’une fuite de larmes (d’où le dessèchement de la cornée inférieure).

Rappel thérapeutique : là encore traitement chirurgical assez simple, sous anesthésie locale, avec de bons résultats.

3- Tumeurs palpébrales

Tout peut se voir chez le sujet âgé, mais c’est l’âge des carcinomes basocellulaires ou spinocellulaires des paupières ! A ne pas confondre avec un chalazion !!! (interrogatoire : début récent ? sécrétions purulentes ? douleurs ? qui sont tous les trois plutôt en faveur d’un chalazion).

Petit quizz : où est le spino ? où est le chalazion ?où est le baso ?

 

 

II- PATHOLOGIE LACRYMALE ET VIELLISSEMENT

Syndrome sec

C’est la défaillance du film lacrymal qui baigne te protège normalement la conjonctive et la cornée. Il est responsable d’une conjonctivite chronique sèche, ou le plus souvent d’une kératoconjonctivite sèche.

a- Etiologies

Elles sont souvent intriquées chez le sujet âgées :

- atrophie des glandes lacrymales liée à l’âge.

- troubles de fonctionnement iatrogène (TOMBE EN QCM). Regarder l’ordonnance (poly-médication +++), avec notamment la prise de psychotropes qui assèchent les muqueuses : bouche, vagin, conjonctive (tombe en QCM).

- pathologie palpébrale associée : ectropion, contribuant à faire couler trop rapidement les larmes et exposer la cornée.

b- Signes fonctionnels

Ils sont nombreux, souvent assez bruyants et vécus péniblement par le sujet âgé. Souvent bilatéraux, parfois asymétrique.

- sensation de picotement, de sable, de brûlure oculaire. Signes prédominent le matin (yeux collés au réveil), et accentués au vent, aux climatiseurs (air sec) ou à la poussière (dont fumée de tabac).

- rarement baisse d’acuité visuelle lorsqu’il existe une kératite sèche importante, le vision peut être (légèrement) troublée.

- attention : paradoxalement, parfois le sujet présente un larmoiement réflexe paradoxal (tombe en QCM). Le sujet se plaint de trop pleurer… alors qu’il a les yeux secs " à la base ". En fait, il faut distinguer la sécrétion de base (au repos !) de celle réflexe, quand on pleure suite à une irritation (ici par la kératite qui se crée lorsque l’œil est vraiment trop desséché) ou encore un chagrin ! Cette sécrétion réflexe est en effet rarement atteinte avec le vieillissement (ce qui n’est pas le cas dans les syndromes secs sévères immunologiques notamment dans le syndrome de Gougerot-Sjoëgren).

c- Signes physiques (à la lampe à fente)

- rougeur oculaire conjonctivale surtout. Si atteinte de la cornée (= kératite), alors rougeur plutôt rougeur périkératique.

- test de Shirmer positif : il signe le diagnostic (tombe en QCM). Une bandelette de papier buvard graduée repliée à une extrémité est glissée dans le cul de sac conjonctival et est laissé 3 minutes. Une sécrétion lacrymale de base est considérée comme insuffisante si moins de 10 millimètres de papier sont imprégnés de larmes.

- temps de rupture du film lacrymal (dit break-up time abrégé BUT) : à la lampe à fente, on mesure le temps de rupture du film lacrymal en regardant se dissocier le film lacrymal coloré à la fluorescéine et en demandant au sujet de ne pas cligner des yeux. Il n’y a pas assez de larmes si ce temps de rupture est inférieur à 15 secondes.

- il faut systématiquement rechercher la principale complication = la kératite dite sèche par le test à la fluorescéine et l’observation à la lampe à fente. On met le plus souvent en évidence une kératite ponctuée superficielle (surtout en inférieur ou dans l’aire de la fente palpébrale, là où les larmes s’évaporent le plus vite) comme sur la photo ci dessous.

- dans les cas sévères (rare avec l’âge, plutôt les Gougerot immunologiques) on peut observer des petits rouleaux de desquamation de l’épithélium de la cornée, prenant la forme de filaments. On parle de kératite filamenteuse comme sur les photos ci dessous (ici colorés à gauche avec la fluorescéine et à droite au rose Bengale, colorant plus guère utilisé).

d- Traitement

 

III- PATHOLOGIE CORNEENNE ET VIELLISSEMENT

1- Gérontoxon

C’est un dépôt intra cornéen périphérique (limbique) circulaire de couleur blanche (mal nommé " arc sénile ").

Trois points à retenir (tombent en QCM) :

2- A part, mais il faut bien en parler… l’âge rapproche de la mort et du don des cornées (non pas des yeux !)

Il est important de savoir qu’avec l’âge, peu de tissus ou d’organes sont utilisables pour la greffe ou la transplantation… sauf la cornée qui connaît un vieillissement très lent. Ainsi les cellules de la cornée (cellules dites endothéliales (photo du milieu), situées à la face postérieure de la cornée et pompant l’eau du stroma en permanence pour en assurer la transparence) sont particulièrement robustes et font que l’âge n’est en aucun cas un obstacle au prélèvement des cornées en vue de greffe de cornée ! Il faut le savoir en tant que médecin, dès lors qu’on est confronté à la mort (généraliste, spécialiste, réanimateur…) et le faire savoir aux patients qui poseront parfois la question ! A noter aussi que cet objectif est au programme du nouvel examen classant validant !

A noter que l’on ne prélève que les cornées, pas les yeux, que cela ne détruit pas le regard et que le prélèvement est parfaitement invisible sur le cadavre. Le prélèvement des cornées est possible dans les 24 heures après le décès et rappelons le une nouvelle fois, il n’y a pas de limite d’âge !

 

IV- PATHOLOGIE GLAUCOMATEUSE ET VIELLISSEMENT

1- Glaucome chronique à angle ouvert

La prévalence du glaucome chronique à angle ouvert augmente avec l'âge (rare avant 50 ans). Tout l’intérêt de la question est le dépistage par la mesure systématique de la pression intraoculaire après 50 ans (lors de la prescription des lunettes de presbyte par exemple) (tombe en QCM).

Rappel sémiologique : Il s'agit d'une tétrade : hypertonie oculaire (Pression intra oculaire >20 mmHg) + atrophie optique (excavation et pâleur papillaire) + altération du champs visuel glaucomateuse + angle iridocornéen ouvert (normal anatomiquement en gonioscopie).

Les deux expressions imagées qui marquent la mémoire 

Rappel thérapeutique :

- traitement d’abord médical (collyres hypotonisants, souvent des béta-blocants en première intention, sauf contre-indication (à connaître) dans les 2 yeux tous les jours toute la vie (observance).

- si échec trabéculoplastie au laser argon.

- enfin si encore échec chirurgie : trabéculectomie ou sclérectomie.

 

2- Glaucome aigu à angle fermé (GAAF)

La fréquence du glaucome aigu à angle fermé augmente aussi avec l'âge (rare avant 70 ans) pour 1 raison : plus on vieillit, et donc plus la chambre antérieure est plate… donc l’angle irido-cornéen est étroit. Le risque de crise liée à une fermeture de l’angle (par une dilatation pupillaire par un stress ou un médicament atropinique tel un psychotrope ou des collyres dilatateurs de la pupille) est accru, d’autant plus si le sujet est au départ hypermétrope.

Les deux expressions imagées qui marquent la mémoire :

Rappel thérapeutique : la plus grande urgence médicale ophtalmologique, à connaître parfaitement car le généraliste est souvent en première ligne !

 

V- PATHOLOGIE CRISTALLINIENNE ET VIELLISSEMENT

1- Presbytie

Rappel de définition : diminution du pouvoir d’accommodation du cristallin après 45 ans (plus tard de 5 ans par dioptrie de myopie ou plus tôt de 5 ans par dioptrie d’hypermétropie). Attention, ce n’est pas une amétropie mais un trouble de l’accommodation ! On peut donc avoir les deux à la fois !

Au fait un petit QCM pour voir si vous avez compris les troubles de réfraction. Au fait, parmi ces 5 possibilités, une est impossible ? A 70 ans, on peut être à la fois (du même oeil) :

1 - myope et presbyte

2 - hypermétrope et presbyte

3 – myope + astigmate et presbyte

4 - hypermétrope + astigmate et presbyte

5 - myope + hypermétrope et presbyte

Allez chercher la réponse dans le chapitre 3 "anomalies de la réfraction", sinon envoyez un mail à philippe.gain@univ-st-etienne.fr

L’expression imagée qui marque la mémoire : " le sujet qui n’a plus les bras assez long pour lire son journal, c’est le presbyte "

Rappel thérapeutique : correction par verres sphériques (non orientés) convergents (comme l’hypermétrope) de près (demi lune). Si le sujet a en plus une amétropie en vision de loin, lunettes à double foyer (moins esthétique mais plus facile à s’habituer) ou progressifs (plus esthétique mais un peu moins facile à s’habituer).

 

2- Cataracte

Rappel de définition : Opacification du cristallin, partielle ou totale, le plus souvent bilatérale mais parfois asymétrique. Pathologie extrêmement fréquente avec l’âge, mais pas forcément gênante ! Ne pas parler de cataracte " sénile " (ancien et vilain terme) car de plus en plus, les performance intellectuelles des sujets âgés rivalisent avec celles des plus jeunes !

Rappels sémiologiques (tombent en QCM) :

- Attention : autant avant 50 ou 60 ans, il est important de rechercher une étiologie à une cataracte (surtout si elle est unilatérale), autant après 70 ou 80 ans (surtout si la cataracte est bilatérale), inutile de réaliser un " bilan " étiologique coûteux !!! Simplement deux questions à poser : êtes vous diabétique ? avez vous pris de la cortisone ?

- Attention : la cataracte corticale opacifie seulement la périphérie du cristallin et n’est donc pas gênante donc pas à opérer !

- Attention : une forme anatomo-clinique " amusante " : la cataracte nucléaire, une des formes les plus fréquentes, qui provoque une myopie d’indice (par la réfraction augmentée causée par le noyau qui commence à s’opacifier). Ceci rend le sujet myope … à 70 ans !!! ce qui certes le fait voir flou de loin (améliorable mais seulement partiellement avec un verre correcteur de loin) et surtout lui permet de quitter ses lunettes de presbyte de près.

L’expression imagée qui marque la mémoire : " le sujet âgé qui quitte ses lunettes de presbyte, c’est la cataracte nucléaire qui débute".

 

VI- PATHOLOGIE RETINIENNE ET VIELLISSEMENT

Cette pathologie est le " gros morceau " de ce chapitre car il s’agit de la principale cause de mal vision du sujet au delà de 60 ans. Point important à retenir, cette dégénérescence de la macula ne rend pas aveugle mais altère la vision fine (l’acuité visuelle). C’est à dire que les sujets ne pourront plus lire mais conserveront toujours un champs visuel périphérique leur permettant de se déplacer. Il faut imaginer qu’on vous mette une pièce de monnaie à 5 cm de vos deux yeux : vous ne lisez plus, ne reconnaissez plus les visage, ne voyez plus la télévision, mais vous arriverez à vous déplacer.

Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (abréviation courante DMLA)

a- Définition

Il s’agit une atteinte dégénérative (non inflammatoire) de la rétine maculaire sur un œil jusque là normal chez un patient de plus de 50 ans entraînant une baisse de l’acuité visuelle. Notons, nous l’avons dit plus haut, que les patients garderont leur champ visuel et ne sont jamais aveugle au sens commun (ils ne sont jamais dans le noir total). Cette atteinte est bilatérale mais peut être asymétrique en intensité et dans le temps. L’évolution est très variable selon la forme clinique : parfois très lente (sur 5, 10, 15 ans…) parfois très rapide (sur quelques années). C’est l’aspect du fond d’œil, aidé de l’angiographie rétinienne, qui permet de distinguer telle ou telle forme clinique et d’en évaluer le pronostic et le traitement.

b- Epidémiologie

C’est la plus grande cause de cécité légale (AV £ 1/10) dans les pays industrialisés chez les sujets de plus de 55 ans.

Sa prévalence augmente avec l’âge : 8% chez les plus de 55 ans et 11% chez les plus de 75 ans. Cette une pathologie dont on ne connaît pas la cause hélas mais qui fait l’objet de nombreux travaux de recherche vu l’enjeu de santé publique.S

c- Signes fonctionnels

Tout syndrome maculaire nécessite de faire un fond d’œil rapidement, au besoin complété par une angiographie rétinienne en fluorescence… car il peut s’agir d’autre chose que d’une DMLA (voir diagnostic différentiel).

c- Signes au fond d’œil et en angiographie rétinienne

L’observation du fond d’œil (des deux yeux !) au verre à 3 miroirs va retrouver différents aspects, qui associés à l’angiographie rétinienne en fluorescence, permettent de classer la DMLA dans une des 5 formes cliniques suivantes, de pronostic et de traitement différent.

1- forme latente (ou précurseur…) (50%)

FO : on observe des drüsens au niveau des 2 maculas. Prévenir le sujet qu’une consultation est nécessaire si un syndrome maculaire survient.

Angiographie : voit les drüsens, et surtout élimine la présence de néovaisseaux.

Pronostic : risque d’évolution vers une forme atrophique ou une forme exsudative d’environ 50% après 10 ans.

2- forme atrophique (20%)

FO : on observe des plage d’atrophie rétinienne du pôle postérieur qui vont petit à petit confluer pour donner une zone atrophique centrale. Cliniquement cela se traduit par une baisse d’acuité visuelle progressive irréversible (sur plusieurs années) et souvent assez modérée.

Angiographie : voit la zone atrophique et surtout élimine la présence de néovaisseaux.

Pronostic : évolution lente. Simple surveillance annuelle clinique et angiographique. Pas de traitement.

3- forme exsudative " avec néovaisseau " (20%)

Elle est due à l’apparition de néovaisseaux provenant de la choroïde sous-jacente, au voisinage de la macula et entraînant la diffusion de sérum et/ou des hémorragies au niveau de la rétine maculaire.

FO : on peut observer une oedème et/ou une hémorragie maculaire (tache rouge), et parfois carrément le néovaisseau lui même (lacis rouge). Cela se traduit par un syndrome maculaire franc, parfois de survenue assez rapide (baisse d’acuité visuelle de près parfois assez rapide, métamorphopsies importantes, scotome central important). La baisse d’acuité visuelle est, dans ce cas là, sévère mais souvent partiellement réversible lors de la résorption de l’œdème ou des hémorragies. .

Angiographie : l’examen clef, elle retrouve les néovaisseaux maculaires donnant une hyperfluorescence localisée.

Pronostic : évolution souvent rapide, mais freinée par certaines thérapeutiques.

4- forme " avec membrane prémaculaire " (5%)

Il s’agit d’un contraction du vitré postérieur, qui adhère à la rétine maculaire, et qui va provoquer inexorablement un plissement de la rétine maculaire (sorte de " ride " au fond d’œil). Cela se traduit pas deux symptômes : avant tout des métamorphopsies, mais aussi une baisse d’acuité visuelle de près.

FO : les plis sont visibles, parfois la petite membrane (reflet grisâtre).

Angiographie : elle montre un signe indirect : les vaisseaux du pôle postérieur ont leur trajet dévié par la membrane.

Pronostic : évolution lente, traitement chirurgical possible avec un assez bon succès.

5- forme avec trou maculaire (5%)

Dans ce cas, le vitré adhérent à la rétine maculaire se décolle… et arrache un petit morceau de rétine, hélas, en pleine macula ! Le sujet ressent alors un scotome central brutal, avec une baisse d’acuité visuelle de près plus ou moins importante.

FO : on voit nettement le trou maculaire (plus il est petit, plus les symptômes sont sévères).

Angiographie : voit le trou, sinon pratiquement normale.

Pronostic : évolution lente, traitement chirurgical possible mais succès limité.

d- Diagnostic différentiel

Il ne se pose en fait pas puisque tout syndrome maculaire impose un fond d’œil rapide. On éliminera ainsi par exemple un décollement de rétine au début (avec métamorphopsies possibles lorsque la macula commence à se décoller).

A l’inverse, penser à ne pas attribuer une baisse visuelle progressive du sujet âgé à une "simple" cataracte… car elle peut coexister avec une DMLA !

d- Traitement

1- préventif

2- curatif

1- forme latente (ou précurseur…)

Pas de traitement particulier, éducation du patient à reconnaître un syndrome maculaire (en fermant un œil, une fois par mois) et consulter rapidement s’il survient.

2- forme atrophique (20%)

Ni médicaments hélas ni laser. Par contre, on peut aider le sujet à lire par des systèmes optiques grossissant (loupes, lunettes télescope, ordinateur avec écran grossissant) ou par une " rééducation visuelle " permettant au patient d’exploiter au mieux les cellules de la macula restant (en se déplaçant en dehors de son scotome central). Ces moyens sont souvent très utiles, surtout chez des patients âgés qui finissent par perdre le moral… et abandonner l’espoir de relire un jour.

3- forme exsudative " avec néovaisseau " (20%)

Triomphe de la photocoagulation au laser Argon des néovaisseux proches de la macula. Malheureusement si les néovaisseaux sont trop proches de la macula, le laser est impossible (il détruirait lui même la macula !).

4- forme " avec membrane prémaculaire " (5%)

Traitement micro-chirurgical possible : ablation de la membrane avec une micropince (après vitrectomie localisée pour aborder la macula)

5- forme avec trou maculaire (5%)

Traitement micro-chirurgical possible : ablation du vitré (vitrectomie) qui permet ainsi de ralentir la traction du vitré sur la macula et l’élargissement du trou.

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