Chapitre 35

HANDICAP/INCAPACITÉ VISUELS

ÉVALUATION, IMPLICATIONS SCOLAIRE ET SOCIOPROFESSIONNELLE

Dr Damien Grivet, Pr Philippe Gain

Responsable du document : Pr philippe.gain@univ-st-etienne.fr

Dernière mise à jour : 4 février 2003

 

I - QUELQUES DÉFINITIONS A CONNAÎTRE

II - LES CAUSES DE HANDICAPS VISUELS SELON L’ÂGE

III - L’ÉVALUATION DU HANDICAP VISUEL

IV - LA PRISE EN CHARGE DU HANDICAP VISUEL

V - HANDICAP VISUEL ET LÉGISLATION


 

HANDICAP/INCAPACITÉ VISUELS

ÉVALUATION, IMPLICATIONS SCOLAIRE ET SOCIOPROFESSIONNELLE

Dr Damien Grivet, Pr Philippe Gain

La vision est un sens majeur pour l’évolution de l’individu dans le monde extérieur : déplacements, communication avec le monde, gestion de l’espace. La vision normale ne se limite pas à une bonne acuité visuelle (10/10, Parinaud 1,5 de près). Il faut aussi un bon champs visuel (au moins 120° les 2 yeux ouverts), une oculomotricité correcte (pas de diplopie), une bonne adaptation à l’obscurité, une bonne perception des couleurs.

Une déficience (altération de l’organe oeil) de tout ou partie des composantes de la vision va entraîner une incapacité (perte de performance du sujet), elle-même source d’un handicap plus ou moins important (conséquence social).

Le handicap visuel doit ainsi être correctement évalué afin de pouvoir apporter à l’individu handicapé une aide adaptée.

 

I - QUELQUES DÉFINITIONS A CONNAÎTRE

1- Déficience, incapacité et handicap

2- Cécité et malvoyance

La définition varie selon les pays. Deux semblent importantes à connaître :

Selon l’OMS

En France (loi de 1976)

 

II - LES CAUSES DE HANDICAPS VISUEL SELON L’ÂGE

Les causes de handicaps visuels sont très nombreuses. Afin de " coller " à la clinique, nous choisirons de les rapporter selon l’âge et n’insisterons que sur les plus fréquentes. L’étudiant est prié de cliquer sur les liens et d’aller se reporter au cours correspondants…

1/ Handicap visuel de la naissance, l’enfance, l’adolescence (0-18 ans) = l’âge de l’école

2/ Handicap visuel chez l’adulte (18 – 65 ans…) = l’âge du travail

Notons que les deux premières ne devraient pas se voir (équilibrage des diabètes, traitement de la rétinopathie par laser Argon avant les complications néovasculaires, dépistage et traitement médical des glaucomes chroniques).

3/ Handicap visuel chez le sujet âgé (>65 ans) = l’âge de la retraite

La principale, pour ne pas dire unique pathologie, spécifiquement liée à l’âge est la dégénérescence maculaire liée à l’âge. (DMLA). L’étudiant se reportera au chapitre 32 vieillissement de l’oeil. Il se souviendra que la perte de la fonction maculaire est importante, plus ou moins rapide, mais que le champs visuel est respecté et que le sujet n’est ainsi jamais " aveugle " totalement (jamais dans le noir). Il existe donc des possibilités de rééducation en faisant travailler les parties de rétine proche de la macula qui fonctionnent encore et s’aidant de systèmes optiques grossissant.

 

III. L’ÉVALUATION DU HANDICAP VISUEL

Elle se fait de manière pluridisciplinaire. Les conclusion des expertises viseront à définir les capacités, les limites, et les attentes du patient afin de déterminer les incapacités et les handicaps qui en résulteront. Un projet de réadaptation peut ensuite être proposée en fonction des handicaps du patient afin de lui redonnée le maximum d’autonomie.

1- Ophtalmologistes

Il établie la nature de la déficience (le diagnostic précis, avec son évolution prévisible : inéluctable ? quel délai ?) et l’incapacité qui en résulte : atteinte de la vision centrale (acuité = lecture, reconnaissance des objets, des visages, télévision…), du champs visuel (faire un relevé du champ visuel), de l’oculomotricité… Cette étape comprend un examen ophtalmologique complet avec mesure d’acuité visuelle de chaque œil de loin et de près avec la meilleure correction lunette, un relevé du champs visuel, selon les cas un test de la vision des couleurs et des contraste ou l’examen de l’oculomotricité.

2- Orthoptistes

Il tente de définir les capacité visuelles et les limites du patient lors de ses activités. Cette étape permet de cerner les conséquence pratique de l’incapacité visuelle du patient au vue de la classification internationale des handicaps.

3- Opticiens

Il cherche à améliorer la vision par des aides optiques : soit des appareillages (loupes grossissantes rajoutées sur les lunettes, tenues à la main, ou posées sur une table) soit grâce à des technique ou conseil pour potentialiser la fonction visuelle restante (éclairage puissant, néo-point de fixation juxta maculaire, techniques posturales…).

4- Administration

Un handicap est reconnu, aux vues des certificats médicaux, par l’attribution par la caisse primaire d’allocation familial d’un taux d’Incapacité Partielle Permanente (IPP). Ce taux tient compte de façon binoculaire de l’acuité visuelle de loin (tableau 1) et de près (tableau 2) mais aussi des anomalies du champs visuel (rétrécissement, hémianopsie…), de l’oculomotricté.

 

IV - LA PRISE EN CHARGE DU HANDICAP VISUEL

1- Médicale

Il s’agit des différent moyens mis aux service en fonction de son handicap.

2- Sociale

2.1- Enfants et adolescents : la CDES

Les enfants handicapés bénéficie de droits et de l’obligation éducative dont les modalités sont déterminée par la Commission Départementale d’Education Spéciale (CDES). Cette commission a pour rôles de :

2.2- Adultes : la COTOREP

La commission compétente pou l’orientation et le reclassement professionnel est la COTOREP. Elle a autorité, chez des individus de plus de 16 ans :

 

V - HANDICAP VISUEL ET LÉGISLATION

1- Permis de conduire (textes du 29 mai 1997)

L’aptitude est fonction de l’acuité de loin et du champs visuel. Les exigences sont plus importantes pour les permis poids lourds ou transports en commun.

Catégories A (moto) et B (auto)

L'acuité visuelle binoculaire doit être supérieure ou égale à 5/10 (test pour les deux yeux ensembles, par exemple 2 d’un côté et 3 de l’autre est le minimum requis). Par ailleurs, le champ visuel binoculaire horizontal (testé avec les 2 yeux ouverts) doit être supérieur à 120 degrés. Si l'acuité visuelle d'un oeil est inférieure à 1/10, voire nulle (monophalme), l'autre oeil doit avoir une acuité supérieure ou égale à 6/10 (par exemple 1/20 d’un côté et 6/10 de l’autre). Pour le champs visuel, si un oeil à une acuité visuelle inférieure à 1/10, l'autre oeil ne doit pas avoir du tout d'altération du champ visuel.

Catégorie C (camion) et D (transport en commun)

L'acuité doit être supérieure à 5/10 pour l’œil le moins bon et à 8/10 pour le meilleur. Si les valeurs (5/10 et 8/10) sont atteintes uniquement avec une correction (lunettes ou lentilles), il est nécessaire que l'acuité non corrigée soit supérieure à 1/20, ou que la puissance dioptrique des verres correcteurs (ou lentilles) soit inférieure à plus ou moins 8 dioptries. De plus, la correction doit être bien tolérée. Le champ visuel ne doit par ailleurs avoir aucune altération et ceci pour les deux yeux.

Et aptitude à la conduite pour quelques pathologies oculaires particulières :

A noter, en France il est absolument interdit à un médecin de signaler à la préfecture tout patient inapte à la conduite automobile. Tout au plus peut il (et doit il) lui signifier qu’il n’a pas l’aptitude requise.

2- Professions nécessitant des aptitudes visuelles particulières

3- déficience de l'acuité visuelle de loin des deux yeux (échelle de Monoyer lue à 5 mètres avec correction de l’amétropie si nécessaire) et invalidité (%) (pour mémoire… ne tombe évidemment pas à l’examen !!!)

Extrait du décret n° 93-1216 du 4 novembre 1993 relatif a la déficience visuelle en vision de loin

Loin

 10/10

 9/10

 8/10

 7/10

 6/10

 5/10

 4/10

 3/10

 2/10

 1/10

 1/20

 <1/20

 Cécité totale

10/10...

0

0

 0

 1

 2

 3

 4

 7

 12

 16

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 9/10...

 0

 0

 0

 2

 3

 4

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 8/10

 0

 0

 0

 3

 4

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 1

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 6/10

 2

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 35

 5/10

 3

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 40

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 4

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 3/10

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 Cécité totale

 25

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 95

 

4 - déficience de l'acuité visuelle de près des deux yeux (échelle de Parinaud lue à 40 cm avec correction de la presbytie si nécessaire) et invalidité (%) (pour mémoire… ne tombe évidemment pas non plus à l’examen !!!)

Extrait du décret n° 93-1216 du 4 novembre 1993 relatif a la déficience visuelle en vision de près.

 Près

 P1,5

 P2

 P3

 P4

 P5

 P6

 P8

 P14

 P20

 <P20

 0

 P1,5

 0

 0

 2

 3

 6

 8

 10

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 23

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 P2

 0

 0

 4

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 8

 10

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 25

 28

 P3

 2

 4

 8

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 32

 35

 P4

 3

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 9

 11

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 25

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 42

 P5

 6

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 15

 20

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 50

 P6

 8

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 55

 P8

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 20

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 P10

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 18

 25

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 P20

 20

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 80

 85

 <P20

 23

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 72

 80

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 90

 0

 25

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 50

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 95

 

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