Exposition Still Stainless Sheffield

ExpositionStill Stainless Sheffield

BU Tréfilerie

Exposition de livre d'artistes devant l'Atrium de la BU Tréfilerie

Still Stainless Sheffield comme son titre l’indique met en scène la ville de Sheffield et son héritage.   On  pense notamment à la découverte de l’acier inoxydable  attribuée à Harry Brearley  en 1913. Les pages de garde avec leurs couteaux suggèrent  la protection  et  rappellent que le travail du fer à Sheffield  remonte au 14ième siècle à travers l’art de la coutellerie.

On retrouve la référence au travail du fer jusque dans les polices utilisées pour le texte, en hommage à la prestigieuse fonderie Stephenson et Blake de Sheffield et à ses caractères qui ont marqué l’histoire du livre anglais. En effet, le texte est imprimé avec  la police Playbill créée à Sheffield par Stephenson et Blake et la police Caslon rachetée par Stephenson et Blake (la police Arial  en contrepoint est utilisée pour sa neutralité et son contraste avec les deux autres).

Ce livre d’artiste fait à partir d’une boîte de conserves, renvoie bien sûr à sa matière même, mais en tant que solide contenant, au livre traditionnel chargé de conserver la mémoire de la connaissance et de sa transmission.

Cette boîte renferme  une pile de rondelles-pages non reliées ressemblant à des sous-bocks, un rappel  de l’esprit de convivialité et de fraternité des pubs. C’est pourquoi  avec une once d’ironie nous sommes invités dès la deuxième page à  partager ce livre et «  à boire en souvenir des esclaves de l’industrie »,  notamment des ouvriers de la mine et de la métallurgie aux conditions de travail qui furent souvent si difficiles. Par ailleurs les sous-bocks, en principe, ne sont pas faits pour être retournés même s’ils sont parfois imprimés recto-verso, alors qu’ici, si on ne les retourne pas on ne profitera pas du jeu de sens, car les deux côtés ne pouvant être vus et lus en même temps, le verso vient, à postériori modifier les attentes du lecteur et sa première appréciation.

Même si ce livre d’artiste n’est  pas relié,  même si on n’est pas forcé de s’y tenir, il y a un ordre de lecture que propose la pile. Ainsi du côté recto, une sonnette de porte d’entrée invite le lecteur à pénétrer dans les profondeurs de la ville (symbolisées par des bouches d’ égout), où l’on descend progressivement, au travers  de photographies d’objets en métal d’abord rutilants, sophistiqués (moteurs d’avions, engrenages de montres..), montrant toute la richesse et la variété de la production métallurgique de Sheffield, puis de plus en plus usés, rouillés et modestes : des boutons, des vis… Cette progression évoque le déclin économique la ville lié à celui de l’industrie lourde depuis la crise des années 1970. Enfin nous sommes entrainés jusqu’au fond de la mine. La plupart des versos sont des photographies de fragments de poinçons de prestigieux  artisans de Sheffield travaillant le métal, opposant le savoir-faire individuel  à la production industrielle en série dont témoignent les rectos. Cela évoque aussi  l’origine de l’écriture en tant que trace, marque, signature de l’homme. « Made in Sheffield en leitmotive est une façon d’insister sur le « faire », la capacité de création  qui existe ici à Sheffield. D’autres versos sont constitués d’injonctions à l’impératif, le plus souvent très ironiques, rappelant la nécessité de créer la Sheffield de demain, et surtout de garder le sens de l’humour  au lieu de rester enfermés dans la morosité,  accablés par la crise économique.

Retrouvez le site de l'artiste

Contacts

Olivier VALOIS

Annabelle PAULE
anabellepaule @ gmail.com