Octobre 2018

[HISOMA] - Séminaire de recherche transversal « Constitutions mixtes »18e séance

de 13h00 à 15h30

Université Jean Monnet Saint-Étienne - Site Tréfilerie
33 rue du 11-Novembre - Bât. K - Salle KR4

Le séminaire « Constitutions mixtes » s'inscrit dans le programme C3 de l'UMR 5189 HiSoMA et offre un espace de réflexion sur le gouvernement mixte, ainsi que sur les notions de mélange, de médiété...

 

  • Inauguré en octobre 2015, le séminaire "Constitutions mixtes" s'inscrit dans le programme C3 Hiérarchies et expression des relations sociales de l'UMR 5189 HiSoMA  et offre un espace de discussion pour la présentation de réflexions en cours, non seulement sur la constitution mixte, gouvernement idéal associant monarchie, aristocratie et démocratie, mais aussi sur les notions de mélange, mixtion, fusion, médiété, milieu, moyenne/somme, binarité/ternarité, synthèse, composition, harmonie, concorde, etc. C'est pourquoi ce séminaire est ouvert à tous les acteurs des champs concernés : sciences humaines et sociales, droit, médecine, chimie, physique, mathématiques, lettres et arts...

  • Cette 18e séance accueille deux communications, celle d'Adrien ARACIL et Sophie TEJEDOR, ainsi que celle de Flora CHAMPY.
    Il sera question des avatars de l'idée de constitution mixte à l'époque moderne, de l'influence des références antiques
    et des reformulations qui ont pu en être faites.

  • Adrien ARACIL et Sophie TEJEDOR (Sorbonne Université, UMR 8596 Centre Roland Mousnier),
    « Tentations de la monarchie mixte aux seuils des guerres de Religion : idées, théories, pratiques (1560-1610) ».
    Cette double intervention veut tenter une lecture dynamique des institutions de la monarchie française dans le contexte des troubles de religion. Du début du XVIe au début du XVIIe siècle, la division religieuse donne lieu à une vaste réinterrogation du rapport entre le roi et ses sujets. Comment en effet inclure dans le corps politique un groupe qui, en revendiquant et en cherchant à légitimer une nouvelle pratique religieuse, sape les fondements mêmes de l’autorité monarchique ? Pour les acteurs politiques de la monarchie des derniers Valois, la solution se trouve, peut-être, hors de la monarchie : dans des pratiques venues d’autres types de régimes (conseil, représentativité, échange). Nous nous pencherons sur la façon dont les acteurs les ont envisagées à deux moments seuils des guerres de Religion : en 1560, quand François II décide de réunir les États généraux qui n’ont pas été convoqués depuis 1484 ; en 1611, au moment où, après la mort d’Henri IV, alors que les protestants s’apprêtent à interroger les institutions monarchiques lors de l’assemblée générale de Saumur, Louis Turquet de Mayerne publie sa Monarchie aristodémocratique.

    Mots clés : monarchie française, 1560, François II, États généraux, protestantisme, Louis Turquet de Mayerne, aristodémocratique.

  • Flora CHAMPY (Princeton University),
    « Le gouvernement mixte de Rousseau et l'idée de constitution mixte ».
    L’expression « constitution mixte » n’apparaît pas chez Rousseau. Pris à la lettre, le livre III du Contrat social écarte même cette question rendue obsolète par l’invention des concepts de souveraineté populaire et de volonté générale. Si Rousseau s’appuie en particulier sur Machiavel pour faire de la République romaine son principal modèle politique, il prend soin d’écarter la réinterprétation du schéma polybien présente dans les Discours sur la première décade de Tite-Live. Héritier d’Aristote plus que de Polybe, Rousseau reformule la réflexion traditionnelle en termes de gouvernement mixte, faisant de cette question un des axes majeurs de sa réflexion politique. On s’interrogera sur les enjeux de ce déplacement, et notamment sur la réinterprétation du modèle romain qui en découle.

    Mots clés : Rousseau, Du contrat social, souveraineté populaire, volonté générale, Machiavel, Polybe, Tite-Live, Aristote, République romaine.

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Organisation

Stavroula KEFALLONITIS (stavroula.kefallonitis @ univ-st-etienne.fr)

 

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