Octobre 2016 (semaine 42) (3)

[IHRIM] - Colloque international « La musique a-t-elle un genre ? »Genre et discours sur la musique de l'Antiquité au XXIe siècle

Université Jean Monnet Saint-Étienne - Bibliothèque universitaire Tréfilerie - Le Kiosque - 1 rue Tréfilerie

Que fait le genre à la théorie musicale et aux discours sur la musique et comment ces derniers font-ils le genre ? Ce colloque compte poursuivre la réflexion des musicologues féministes des années 1990 en l'ouvrant sur une vaste période chronologique et sur un large éventail de genres et de styles musicaux.

Colloque organisé par l'IHRIM Saint-Étienne en partenariat avec le département de Musicologie de Paris-Sorbonne, le CReIM, l'IReMus, l'IRHiS  (Université Lille 3), le CERHIO  (Université du Maine), le Palazzetto Bru Zane - Centre de musique romantique française (Paris-Venise).

Comité scientifique
Catherine DEUTSCH, Raphaëlle LEGRAND, Théodora PSYCHOYOU, Hyacinthe RAVET (Université Paris-Sorbonne), Sylvie GRANGER (Université du Maine), Florence LAUNAY (Wuppertal), Christine PLANTÉ (Université Lumière Lyon 2), Bertrand POROT (Université
de Reims), Éliane VIENNOT
(UJM Saint-Étienne),
Alban RAMAUT (UJM Saint-Étienne),
Mélanie TRAVERSIER (Université Lille 3).

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  • Ce colloque a pour finalité d’interroger principalement les discours, qu’ils s’attachent au matériau musical ou aux personnes qui pratiquent la musique. Il se propose de mettre en regard les approches plurielles et ouvre son champ d’étude à une période historique volontairement très large, depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui. Existerait-il dans l’histoire de la musique des moments où la musique serait particulièrement genrée, dans sa théorisation, dans ses traités d’interprétation, dans ses organisations formelles ? Est-elle abordée comme un langage qui, selon qu’il s’apparente soit à une langue de mots soit à une langue de signes, fait intervenir de façon plus ou moins implicite une catégorisation sexuée du « féminin » et du « masculin » et s’autorise à distribuer de façon genrée un rapport de hiérarchisation complexe ? A-t-elle été perçue de façon non seulement grammaticale, mais aussi allégorique, comme « féminine » ou « masculine » ? Est-elle plutôt pensée comme une relation au nombre qui fonctionne de façon abstraite sans rapprochement sexué, comme une mécanique des séries ? D’autres moments favorisent-ils tout à l’inverse l’assimilation de la musique à une mise en représentation de la division sexuée du monde, de la société ? Le vocabulaire de la musique comme celui de la poésie peut certes semble-t-il dans la fin du XVIIIe siècle faire apparaître des rythmes masculins et des rythmes féminins, de même qu’il existe des rimes masculines et féminines. On peut envisager des cadences répondant aux représentations du « masculin » et du « féminin ». Cela correspond aussi peut-être à l’organisation de l’autonomie affirmée et victorieuse car longtemps combattue de la musique instrumentale qui cherche à se constituer comme discours en soi, comme argumentation autonome ayant besoin de ses repères qui peuvent essentiellement être articulés autour de l’alternance « féminin » / « masculin ». La seconde moitié du XIXe siècle a suggéré une lecture genrée de la musique, notamment dans les textes de Richard Wagner. Un discours s’est développé in fine en ce sens par exemple chez Vincent d’Indy autour de la forme sonate. Cela est tardif dans l’histoire du discours sur la musique. Qu’en est-il des périodes antérieures ? Qu’ont proposé les compositeurs / compositrices contemporain-e-s de l’école de Fontainebleau, école si fortement érotisée, par exemple ? Entre genre et sexualité, entre appellations sexuées et érotisation de l’art, les limites deviennent parfois complexes, imperceptibles. La question que nous ramenons aux articulations grammaticales du « masculin », du « féminin » et du « neutre » pour permettre de saisir la relation de l’auditeur /l’auditrice, de l’interprète, du compositeur / de la compositrice à la musique, est donc posée au discours musicologique.
Contacts

Alban RAMAUT
alban.ramaut @ univ-st-etienne.fr