19-21 juin 2019

[IHRIM] - Colloque international « Anciens et Modernes face aux pouvoirs : l’Église, le Roi, les Académies (1687-1750) »

Université Jean Monnet Saint-Étienne

Le règne de Louis XIV met en place les conditions d’une institutionnalisation de la vie littéraire, en particulier avec la création des Académies. Portés par cette évolution, les auteurs se trouvent, à la fin du XVIIe siècle, conduits à tirer de la période une forme de bilan...

 

Appel à communications

Colloque international organisé par Christelle BAHIER-PORTE et Delphine REGUIG
(IHRIM UMR 5317, Université de Lyon / Université Jean Monnet Saint-Étienne)

 

  • Le règne de Louis XIV met en place les conditions d’une institutionnalisation de la vie littéraire, en particulier avec la création des Académies. Portés par cette évolution, les auteurs se trouvent, à la fin du XVIIe siècle, conduits à tirer de la période une forme de bilan. Mais ils ne le font pas d’une manière consensuelle : le dynamisme du champ littéraire donne alors naissance à une controverse qui pose clairement les enjeux de la définition d’une littérature et d’une pensée modernes, c’est-à-dire actuelles, à partir de la double expérience esthétique antique et contemporaine. En interrogeant les valeurs littéraires, le conflit qui secoue les milieux culturels et savants en France, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, constitue une transition majeure vers une conception renouvelée de la création et de la diffusion du savoir, dont la publication de l’Encyclopédie à partir de 1750 marquera une nouvelle étape.
  • La Querelle des Anciens et des Modernes est de fait l’un des épisodes les plus commentés par les historiens de la littérature et des idées. Paradoxalement, il est aussi l’un des moins connus. Le volume collectif Écrire et penser en Moderne (1687-1750) (dir. Chr. Bahier-Porte et Cl. Poulouin, Champion, 2015) et le livre de Larry Norman (The Shock of the Ancient, Chicago, The University of Chicago Press, 2011) ont récemment permis de mettre en évidence la complexité de ce lieu de mémoire qu’est devenu la Querelle. Leurs avancées montrent que la Querelle des Anciens et des Modernes ne se réduit pas à un conflit facteur de rupture radicale : elle réunit les acteurs du champ littéraire dans un débat dialectique particulièrement inventif en
    termes d’idées et de formes.
  • La richesse de ces nouvelles lectures remet notamment en cause les clichés historiographiques qui majorent et surdéterminent le clivage entre les deux partis en prenant à la lettre les scénographies polémiques et en l’interprétant en termes institutionnels. Pour quoi et contre qui Anciens et Modernes se sont-ils affrontés ? L’enjeu du débat est-il de prendre position face aux pouvoirs ? Quelle est la position des Anciens et des Modernes face à l’institution religieuse ? S’agit-il de se situer dans les querelles théologiques alors en prise elles-mêmes avec la notion d’historicité ? Face au pouvoir politique, s’agit-il de privilégier l’entreprise de propagande monarchique ? Quels sont les véritables enjeux des batailles de fauteuil souvent relatées, non sans ironie, dans l’histoire de la Querelle ? Face au pouvoir académique, ne s’agit-il pas d’accepter et de légitimer l’autorité d’un nouveau corps social dont les fondements et les missions sont à définir ? Peut-on dégager un front commun dans ces débats ? Ceux que l’on qualifie d’Anciens ou de Modernes cherchent-ils à construire une unité ou bien cultivent-ils de subtiles nuances ? Peut-on continuer de penser et d’écrire que les Anciens favorisent le paganisme antique tandis que les Modernes défendent l’ordre chrétien de la monarchie absolue ? Les acteurs de la Querelle tiennent-ils un propos univoque et un discours assumé à l’égard des institutions ? La consistance ou les contradictions de ces positions éclairent-elle la nature profonde de la Querelle ? L’ardeur polémique entre les deux massifs occulterait-elle finalement une communauté d’intérêt entre Anciens et Modernes ? La géographie institutionnelle contemporaine se superpose-t-elle au paysage critique de la Querelle ?
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COMITÉ SCIENTIFIQUE

  • Christelle BAHIER-PORTE (Université de Lyon-Saint-Étienne), Emmanuel BURY (Sorbonne Université),
    Nicholas CRONK (University of Oxford), Sophie HOUDARD (Université Paris 3),
    Christophe MARTIN (Sorbonne Université), Larry NORMAN (The University of Chicago),
    Claudine POULOUIN (Université de Rouen), Delphine REGUIG (Université de Lyon-Saint-Étienne),
    Volker SCHRÖDER (Princeton University), Catherine VOLPILHAC (ENS de Lyon).


    Illustration : L'Académie au Louvre. Une séance (gravure de P. Sévin)


Carnet de recherche en ligne
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