Appel à contributions - Volume 47

Appel à contributionspour la revue “Autour de Vallès” - Numéro 47

AUTOUR DE VALLÈS - NUMÉRO 47 (2017)

 

Les ateliers de Clio. Écritures alternatives de l’histoire (1848-1871)

Programme de recherche co-organisé par :
- EA 4209 RIRRA 21 , Université Paul-Valéry Montpellier 3 ;
- UMR 5317 IHRIM, Université Jean Monnet Saint-Étienne.

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« J’ai pris souvent un petit fil biographique et dramatique, la vie d’une même femme pendant trois cents ans. »
Jules Michelet, La Sorcière, « Notes et éclaircissements ».

  • Le siècle de l’histoire a deux visages. Le premier, conquérant et novateur, est à l’image des élans intellectuels qui marquent la Restauration et la monarchie de Juillet : refondation de l’historiographie libérale puis romantique, triomphe du drame puis du roman historiques, foi sans limites dans le potentiel épistémologique et herméneutique de l’histoire. Le second porte les cicatrices des traumatismes de 1848 et 1851 : le sang de Juin et le coup d’État ruinent la confiance dans le progrès, l’intelligibilité du devenir, l’universalisme humaniste. Sous le second Empire, les grandes figures de l’historiographie romantique sont marginalisées, les lois sur la presse encadrent strictement toute forme de réflexion (fût-elle fictionnelle) sur l’histoire, cependant que le roman historique tend à s’industrialiser ou à se saturer de surexpositions esthétisantes.
  • Ce contexte politique et culturel désastreux, combiné à la crise idéologique qui marque la période, explique l’abandon ou la mutation des formes génériques et poétiques jusque-là dévolues à l’écriture de l’histoire. Point de démission ni d’aphasie pourtant, en une période où l’augmentation progressive du lectorat, l’expansion continue de la presse, l’essor des collections à bon marché offrent maintes possibilités inédites pour toucher un public élargi.
  • Écrivains et journalistes expérimentent sous le second Empire de nouvelles modes de saisie de l’histoire, en fonction des contraintes propres au support périodique, du caractère obsédant de certaines problématiques (notamment la violence révolutionnaire), mais aussi des interrogations nouvelles qui empoignent les contemporains : l’humanité est-elle actrice (au sens plein) de son propre devenir ? y a-t-il une réelle productivité de l’événement ? Dans la réflexion de Tocqueville, la Révolution se trouve effacée, tout entière contenue dans la centralisation progressive de l’État français dont elle n’est que l’aboutissement... Par ailleurs, la Seconde République a péri, comme sa sœur aînée, sous l’épée d’un Bonaparte, après la comédie politique des quarante-huitards réincarnant (en modèle réduit) « nos pères, ces géants » : à quoi bon chercher désormais les logiques d’une histoire indéfiniment circulaire et identiquement catastrophique ? En cause et en question : la possibilité même d’écrire une histoire dont le sens se dérobe (et qui elle-même échappe).

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Ce programme donnera lieu à des journées d'études :
- jeudi 6 avril 2017, à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne ;
- jeudi 4 et vendredi 5 mai 2017, à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3.

Modalités de soumission

  • Les propositions de contribution sont à adresser avant le 1er décembre 2016 aux organisateurs :
    Jean-Marie ROULIN (jean.marie.roulin @ univ-st-etienne.fr)
    Corinne SAMINADAYAR-PERRIN (corinne.saminadayar-perrin @ univ-montp3.fr)