Deux prix Impulsion pour des chercheurs de l’UJM

Deux prix Impulsion pour des chercheurs de l’UJM

Fabien Dutertre (IMP) et Delphine Reguig (IHRIM), tous deux enseignants-chercheurs à l’Université Jean Monnet, ont récemment reçu le prix Impulsion de l’Université de Lyon pour leur permettre d’accélérer leurs recherches.

Le prix Impulsion IDEX Lyon est destiné à proposer un environnement de recherche et de formation attractif aux chercheurs et enseignants-chercheurs nouvellement arrivés dans un établissement de l'Université de Lyon, grâce à un financement pouvant aller jusqu’à 80 000 euros. Il leur permet de mener à bien leurs projets de recherche, en s’équipant en matériel, en donnant de la visibilité à leurs découvertes, ou encore en créant des partenariats avec d’autres équipes, à l’international. Cette année, deux enseignants-chercheurs de l’UJM ont été récompensés, découvrez leurs projets.

Prix Impulsion pour Fabien Dutertre (IMP)

Une alternative aux polymères issus de ressources fossiles, avec les biopolymères 

Fabien Dutertre est Maître de conférences à l’UJM et chercheur au Laboratoire IMP (Laboratoire d’Ingénierie des Matériaux Polymères - Université Jean Monnet, Université Claude Bernard Lyon 1, INSA Lyon). Ses recherches portent sur les hydrogels de polymères, qui sont des réseaux de macro-molécules (chaîne de petites molécules semblables appelées monomères) en suspension dans l’eau.

Son projet de recherche

Les polymères sont présents dans la nature. Ainsi, les protéines, la cellulose, la soie et même l’ADN peuvent être classés dans cette catégorie. Il existe également des polymères synthétiques, fabriqués par l’homme, grâce à une polymérisation de monomères.

Ces dernières années, de nombreux efforts de recherche ont porté sur la valorisation des biopolymères, issus de la biomasse, afin d'apporter des alternatives durables aux polymères de synthèses issus de ressources fossiles.

Le projet porté par Fabien Dutertre traite des colloïdes mous bio-sourcés, appelés microgels CoMoBio (nano-hydrogels dispersés régulièrement dans l’eau formant une suspension colloïdale). Les CoMoBio devront permettre de moduler la texture des produits formulés du quotidien, par exemple les cosmétiques, en tant que nano-matériaux innovants structurés et répondant à la problématique actuelle de la valorisation de bio-polymères.

L'objectif du projet est de synthétiser par une chimie douce des microgels (micro-réseaux individuels) à base de polysaccharides en contrôlant leur microstructure, pour ensuite étudier leurs propriétés structurales et rhéologiques dans l'eau. Le comportement physico-chimique de ces colloïdes mous bio-sourcés sera analysé en fonction de modèles théoriques, et comparé à des systèmes homologues non-renouvelables en vue d’une éventuelle application industrielle.

Le projet regroupe 4 partenaires internationaux : l’Université Jean Monnet avec le Laboratoire d’Ingénierie des Matériaux Polymères pour la synthèse par chimie douce des microgels CoMoBio, la caractérisation rhéologique dans l’eau-Formation, la valorisation et la communication du projet ; l’Université de Bristol pour la synthèse de microgels fonctionnels à base d’alginate ; l’Université de l’Etat de Caroline du Nord pour la valorisation des ressources forestières (hémicelluloses) et l’Université de Crète pour la caractérisation structurale par diffusion de la lumière.

Les recherches de Fabien Dutertre ont fait l’objet de plusieurs publications au sein de l’European Polymer Journal, Soft Matter ou encore la revue scientifique Macromolecules. Les résultats de ces travaux devraient mener à plusieurs publications dans des journaux scientifiques de premier plan, des communications dans des congrès scientifiques et potentiellement un dépôt de brevet pour leur mise en application.

Prix Impulsion pour Delphine Reguig (IHRIM) :

Relecture et réinterprétation de la Querelle des Anciens et des Modernes

Le règne de Louis XIV met en place les conditions d’une institutionnalisation de la vie littéraire, en particulier avec la création des Académies. Portés par cette évolution, les auteurs se trouvent, à la fin du siècle, conduits à tirer de la période une forme de bilan. Le dynamisme du champ littéraire donne alors naissance à une controverse qui pose clairement les enjeux de la définition d’une littérature et d’une pensée moderne, c’est-à-dire actuelle, et d’une conception renouvelée de la création littéraire et de la diffusion du savoir.

La « Querelle des Anciens et des Modernes » est, de fait, l’un des épisodes les plus commentés par les historiens de la littérature et des idées. Paradoxalement, il est aussi l’un des moins connus.

De manière significative, en France, aucun ouvrage de synthèse n’a été consacré à ce moment crucial. C’est aux États-Unis que le Professeur Larry Norman a rédigé et publié le texte le plus important pour aborder aujourd’hui les enjeux de la Querelle : The Shock of the Ancient, Chicago, The University of Chicago Press, 2011.

Ce texte récent propose des thèses audacieuses qui sollicitent directement le regard français sur ce lieu de mémoire qu’est devenu la Querelle. Pour Delphine Reguig, il est temps aujourd’hui d’entrer en dialogue avec l’école américaine et de proposer une ample relecture de la crise. Car cette « Querelle » ne se réduit pas à un conflit facteur de rupture radicale : elle réunit les acteurs du champ littéraire dans un débat dialectique particulièrement inventif en termes d’idées et de formes.

Son projet de recherche

Le projet porté par Delphine Reguig, Professeur à la Faculté Arts Lettres Langues de l’UJM et chercheur à l’IHRIM (Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités - Université Jean Monnet, Université Clermont-Auvergne, Université Lumière Lyon 2, Université Jean Moulin Lyon 3, ENS de Lyon) s’intitule « Un choc de modernité : Anciens et Modernes au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles » et est consacré à une relecture complète de la Querelle des Anciens et des Modernes qui s’est déroulée à la fin du XVIIe siècle. Il vise ainsi la réinterprétation des moments de césure ou de crise dans l’histoire des représentations et des idées, césures ou crises dont procède notre modernité.

Le projet s’inscrit ainsi pleinement dans l’axe « Humanités et urbanité » de l’IDEX de Lyon-Saint-Étienne.

Delphine Reguig est l’auteur de plusieurs essais et a participé à différents travaux d’édition et plusieurs ouvrages collectifs comme Boileau poète « De la voix et des yeux… » ; La Figure de Boileau : représentations, institutions, méthodes ; Penser l’héritage à l’âge classique ;ou encore Les Frères Perrault. Elle est également membre du Conseil d’administration de la Société d’Étude du XVIIe siècle, rédactrice en chef de la revue XVIIe siècle de 2012 à 2016, et directrice de la revue XVIIe siècle (référence scientifique de premier plan au niveau international) depuis 2016.

Publié le 20 février 2018