Le laboratoire BiiGC à l'origine d'une technologie qui révolutionne la greffe de cornée

Le laboratoire BiiGC à l'origine d'un bioréacteur qui va révolutionner la greffe de cornée

La SATT Lyon St-Etienne PULSALYS a annoncé mercredi 14 février 2018 le transfert d’un bioréacteur, technologie issue du laboratoire BiiGC de l'Université Jean Monnet dans le domaine de la greffe de cornée auprès des laboratoires Théa, premier groupe pharmaceutique européen indépendant en ophtalmologie, assorti de la création de la filiale Sincler implantée sur le territoire stéphanois.

Gardée confidentielle, cette technologie repose sur un savant mécanisme de circulation de liquides et de mise en pression assuré par un système de pompes. Par ce procédé de conservation active, la viabilité des cellules de la cornée est ainsi assurée, répondant à la fois aux enjeux sanitaires et sécuritaires. Depuis l’idée en 2010, un démonstrateur a été réalisé en 2014 et la preuve d’efficacité établie sur une série de 50 cornées fin 2015.

« Notre bioréacteur va permettre d’avoir quasiment la qualité de la greffe fraîche d’autrefois, mais avec les contrôles qualité nécessaires d’aujourd’hui » affirme le Professeur Philippe Gain, chirurgien ophtalmologiste et directeur fondateur du BIGC à l’origine de la technologie, avec son bras droit le Professeur Gilles Thuret.

Le Groupe pharmaceutique Théa spécialisé dans l’ophtalmologie, et dont le cœur de métier est le produit médicamenteux, a intégré cette innovation technologique issue du monde académique. La création de la spin-off Sincler (clin d’œil à l’implantation du groupe clermontois sur le territoire de Saint-Etienne) s’est imposée stratégiquement pour porter le projet, ceci afin d’aboutir à la première greffe de cornée conservée en bioréacteur : une première mondiale et le graal pour les chirurgiens ophtalmologistes.

« Ce projet constitue une étape importante pour la diversification des laboratoires Théa, tout en restant fidèle à la stratégie de répondre aux besoins des médecins ophtalmologistes et de leurs patients ; nous allons continuer à travailler avec le BiiGC et Pulsalys afin de mener le projet à son terme » déclare Colin Francou, Directeur du Développement des Affaires deslaboratoires Théa et Directeur Général de Sincler.

Pulsalys, maillon fort entre la recherche et l’industrie

Au cœur de la transaction, Pulsalys a permis de consolider le patrimoine du CHU St-Etienne et de l'Université Jean Monnet, en construisant un portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle autour du bioréacteur. Seule interface entre les établissements et le partenaire industriel, Pulsalys a eu à cœur d’accélérer les démarches pour transférer cette nouvelle technologie prometteuse issue du BiiGC, avec lequel elle a noué une relation étroite autour de projets innovants.


Laetitia Roux (Pulsalys), Félicie Pfeffer (Pulsalys), Sophie Jullian (Pulsalys), Christophe Miller (Théa), Fabrice Mercier (Théa), Colin Francou (Théa), Stéphane Riou (Université Jean Monnet), Philippe Gain (BiiGC) et Jean-Luc Chavand (Université Jean Monnet)

« C’est une réelle fierté pour Pulsalys d’avoir transféré une technologie aussi prometteuse pour le domaine de la greffe de cornées à une entreprise au rayonnement international comme Théa.
Notre accord, qui a conduit à la création de la nouvelle société, la spin-off Sincler, repose sur la richesse scientifique du territoire de St Etienne auquel elle apporte en retour développement économique et création d’emplois
» se félicite Sophie Jullian, Présidente de la SATT, rappelant qu’à travers l’aboutissement de ce transfert de technologie Pulsalys remplit pleinement sa mission de valorisation de la recherche académique pour créer de la richesse sur son territoire.
En savoir plus

On compte plus de 10 millions d’aveugles par cécité cornéenne dans le monde, et en France près de 3000 patients sont à ce jour inscrits sur la liste d’attente pour une greffe de cornée. Face à une pénurie mondiale de greffons, la problématique de la conservation d’organes est un enjeu majeur de santé publique, et la préservation des greffons cornéens en vue de leur transplantation s’avère particulièrement difficile.
Auparavant utilisées dans l’instant, mais actuellement conservées dans un milieu nutritif liquide qui altère leur qualité et réduit considérablement leur durée de vie, les cornées issues d’un don d’organe vont à l’avenir pouvoir être gardées intactes.
Une prouesse rendue possible grâce au bioréacteur développé au sein du laboratoire stéphanois Biologie, ingénierie et imagerie de la Greffe de Cornée (BiiGC).

Publié le 16 février 2018