Sarah Tabani Prix René Cassin

Sarah Tabani, doctorante du CERCRID et diplômée de la Faculté de droit, lauréate du Prix René CassinDistinction

Le 27 juin 2022, Sarah Tabani, doctorante du Centre de recherches critiques sur le droit (CERCRID) et diplômée d’un Master 2 Droit public fondamental, a remporté le Prix de thèse René Cassin à l’Université de Strasbourg, pour sa brillante étude sur les rapports de systèmes juridiques entre l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe. Le prix Isaac en droit européen de l’Académie de législation lui sera également décerné le 8 décembre prochain.

Découvrez le parcours de cette ancienne étudiante, devenue Directrice des études de la Faculté droit à l’UJM.

 

Sarah Tabani, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai étudié à l'Université Jean Monnet à Saint-Étienne, en commençant par une licence de droit général, suivi d’un Master 1 en Droit Public et un Master 2 Droit public fondamental, plus axé sur la recherche. En 2016, j’ai débuté mon doctorat. Pour ma thèse que j’ai effectuée sous la direction du Doyen de la Faculté de Droit, Baptiste Bonnet, je me suis intéressée aux rapports de systèmes juridiques européens. Je l’ai réalisé en 5 ans, grâce à un contrat doctoral et deux contrats d’attachée temporaire d’enseignement et de recherche. Le 6 décembre 2021, j’ai finalement soutenu ma thèse et, en parallèle, j’ai été promue directrice des études de la Faculté de Droit de Saint-Étienne.

Comment avez-vous choisi votre sujet de thèse ?

On choisit librement son domaine de recherche ; pour ma part, il s’agit du droit européen, mais il existe plusieurs dizaines de domaines. J’ai toujours été attachée aux valeurs de René Cassin, prix Nobel de la Paix et rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces notions fondamentales ont une place très importante dans ma thèse et dans les enseignements que j’ai donnés.

Comment s'est déroulé votre travail de thèse ?

Pendant plus d’un an et demi, il s’agit de réaliser un travail de bibliographie, lire le plus d’informations à travers différents supports sur le sujet que l’on développe. Ma bibliographie était particulièrement longue puisque mon sujet est assez vaste, mais cela a constitué un point fort de ma thèse. Une première phase de recherche est nécessaire pour mettre en évidence tous les éléments que l’on va utiliser durant la phase d’analyse. Pendant un an et demi, j’ai mené des recherches pour embrasser l’intégralité des rapports entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe. Finalement, la dernière étape est la rédaction de la thèse qui a duré deux ans. Mon travail a abouti à une thèse de 700 pages, en parallèle de travaux dirigés et des cours d’enseignements.

J’ai pu compter sur le soutien de mon Directeur de thèse, mais également avec des personnes extérieures à l’Université comme Jorg Polakiewizc, Directeur du Conseil juridique et du Droit international public et Conseiller juridique du Conseil de l’Europe. Il m’a apporté des éléments pratiques au Droit. Je souhaite profondément que ma thèse puisse avoir une utilité théorique et pratique.

Que vous ont apporté les études doctorales ?

Je suis une personne qui travaille assez régulièrement en organisant mon emploi du temps ; de ce fait, j’ai avancé dans mon projet de manière assez rigoureuse et constante, même en m’accordant des temps de repos. En fin de thèse, lors de la période de correction, la charge de travail était très importante avec beaucoup de modifications et de corrections, la bibliographie à finaliser ainsi qu’un index lexical et jurisprudentiel. Cette période a généré beaucoup de fatigue, mais aussi une grande satisfaction d’être parvenue à un bon travail.

Racontez-nous la cérémonie de remise de prix

La remise de prix a eu lieu lors de la Journée d’inauguration du séminaire d’été de René Cassin, par le professeur Sébastien Van Drooghenbroeck, Président du jury du prix de thèse René Cassin et Professeur à l’Université Saint-Louis-Bruxelles. J’ai ressenti une grande fierté, surtout en tant que jeune doctorante. C’est une belle reconnaissance pour mon travail personnel, mais aussi pour la Faculté de droit et le CERCRID. Je suis heureuse de contribuer à la jeune et très présente recherche à Saint-Étienne.

Que retenez-vous de cette expérience ?

La thèse permet de prendre de la hauteur sur tous les travaux menés lors de nos années d’études. Dans la posture du chercheur, on réfléchit davantage, poussé par la curiosité. On en ressort grandi et plus rigoureux en termes de rédaction, de construction d’une bibliographie, et d’éthique scientifique aussi. Les études doctorales sont fondamentales ; être doctorant permet d’apporter sa contribution aux avancées scientifiques, à la construction et la diffusion du savoir. Réaliser une thèse est une expérience très enrichissante de jeune docteure, pour soi et pour les autres. Je considère avoir été privilégiée de mener ma thèse dans une université à taille humaine, dans des conditions optimales.

Quelles sont vos projets à venir ?

Mon poste à la direction des études de la Faculté de droit est un poste très enrichissant qui me permet d’enseigner et de transmettre. Mon souhait pour l'avenir, serait de devenir enseignante-chercheuse. 

 

Publié le 12 juillet 2022