Journée de la recherche de l’Ecole Doctorale Science Ingénierie Santé

Journée de la recherche de l’Ecole Doctorale Science Ingénierie Santé« Production scientifique du doctorant : évaluation, reconnaissance »

La septième journée de la recherche a accueilli, le 12 juin 2014, environ 120 doctorants, une quinzaine d'étudiants en Master 2, des chercheurs et des enseignants-chercheurs de nos laboratoires. L'ENISE a accueilli dans ses murs l'édition 2014. Comme les années précédentes, l'objectif de la journée était double, d'une part traiter d'un thème directement lié à l'insertion professionnelle des jeunes docteurs, d'autre part mettre en valeur les travaux de thèses menées dans les différents laboratoires du site.

La septième journée de la recherche a été organisée par l'ENISE le 12 Juin 2014 et a accueilli environ 120 doctorants, une quinzaine d'étudiants en Master 2, des chercheurs et des enseignants-chercheurs de nos laboratoires. L'ENISE a accueilli dans ses murs l'édition 2014. Comme les années précédentes, l'objectif de la journée était double, d'une part traiter d'un thème directement lié à l'insertion professionnelle des jeunes docteurs, d'autre part mettre en valeur les travaux de thèses menées dans les différents laboratoires du site.


Le thème choisi était : « Production scientifique du doctorant : évaluation, reconnaissance ». L'évaluation à laquelle est maintenant soumis l'ensemble des chercheurs dès le doctorat a amené les tutelles des laboratoires de recherche à mettre en place des dispositifs bibliométriques.

Les  publications dans des revues à comité de lecture restent une référence classique pour la reconnaissance du niveau académique d'un chercheur mais font l'objet de paramétrages de plus en plus nombreux et élaborés (impact factor, citation index).

La diffusion des résultats de la recherche se fait également de plus en plus par des canaux complémentaires, tels que les congrès de recherche, les revues « Open Access » l'animation de groupes de travail à échelle nationale et internationale, etc. Autant de nouvelles formes de reconnaissance qui peuvent conditionner la carrière du chercheur dans un milieu académique tout autant que dans un milieu industriel. Ces circuits variés de diffusion sont amenés à interagir de plus en plus les uns avec les autres.

La journée de la recherche 2014 de l'EDSIS a cherché à dresser un état des lieux de ces différents dispositifs, en vue de sensibiliser les doctorants, tout au long de leur thèse, sur la manière de s'intégrer dans ces circuits de diffusion, dans le contexte de leur projet professionnel.

Cette journée s'est organisée autour de trois temps forts :
- Deux exposés :
 - John JONAS, Professeur des Universités émérite, en métallurgie physique à l'Université McGill (Canada).
 - Gilles PERRIN, Membre de la Direction Scientifique du groupe AREVA. Précédemment enseignant à l'IFP et à l'Ecole Polytechnique.
- Une Table Ronde, réunissant plusieurs intervenants ayant soit une expérience de recherche ancienne ou récente en entreprise comme dans le monde académique, soit une activité en lien avec le recrutement des docteurs.

- La session et le concours poster
, ouverts aux doctorants de deuxième et troisième années de l'ED SIS. 55 posters ont été présentés. Tous les domaines scientifiques couverts par l'ED SIS étaient représentés. Ce résultat témoigne de l'attention que chacun, doctorants et directeurs de thèse, porte à l'École Doctorale. Ce succès revient aussi aux doctorants qui se sont fortement impliqués dans l'organisation du concours. Le vote des doctorants a permis de sélectionner 12 posters pour la phase finale du concours. Les 12 doctorants ont présenté en 180 secondes leur poster à l'assemblée. Le jury, constitué des vice-président/directeurs de la recherche des trois établissements, et de la direction de l'ED SIS, a attribué un premier prix (300 €) et un deuxième prix (200 €). Les 10 autres lauréats ont obtenu le 3ème prix ex æquo (100 € chacun). L'ASEC a remis également un prix de 100 € sous la forme de bons d'achat et d'un cadeau.

1. Interventions orales
En introduction à la journée, Christophe DONNET a présenté un brève photographie de l'ED SIS, notamment en terme d'effectifs pour 2013-2014. Il a évoqué la prochaine échéance importante : l'évaluation de l'ED SIS par l'AERES afin de renouveler son accréditation pour la période 2016-2020. Christophe DESRAYAUD a ensuite présenté le déroulement de la journée de la recherche.


John JONAS
, dans son exposé « The making of a scientist », a présenté « 8 lois faciles à suivre » (« height easy laws to follow ») pour un chercheur, en évoquant pour chacune des citations historiques, notamment d'Albert Einstein. Il a situé la problématique de l'évaluation et de la reconnaissance du chercheur dans ce contexte
, avec une vision très large sur le plan international.

 



Gilles PERRIN
a apporté à l'assemblée un témoignage très personnalisé de son parcours de recherche tout au long de sa carrière, tout en présentant les activités d'AREVA afin de mettre en lumière les métiers et missions accessibles aux docteurs au sein de ce groupe. Il a particulièrement précisé la problématique de l'évaluation et de la reconnaissance des activités d'un chercheur dans le monde des entreprises qui font le choix, pour leur avenir, de consacrer beaucoup d'efforts à la recherche et au développement.

2. Table Ronde
La Table Ronde était organisée autour d'un échange entre participants et invités autour des trois thèmes. La suite restitue les éléments les plus saillants partagés par les invités avec les participants.

A. La nécessité de publier
Publier est important pour le doctorant, mais aussi pour le laboratoire. La raison première de publier est liée au métier de chercheur lui-même, dont la vocation est de publier. C'est quasiment la seule manière de contribuer à une production sociétale de la part du monde de la recherche !

L'acceptation d'un article fournit une évaluation positive et extérieure au laboratoire où est réalisé le projet de thèse. Avant que la thèse ne soit publiée, c'est un vecteur de communication du travail, c'est aussi l'établissement d'une référence que l'on peut citer de manière plus formelle et concise que ne peuvent l'être un « proceedings » de conférence ou un mémoire de thèse. Présenter son travail à une conférence (surtout internationale avec actes) conserve cependant toute son importance mais est d'autant plus efficace que le travail présenté à l'oral ou sur poster est déjà publié (voire en partie) dans une revue à comité de lecture.
Dans le contexte de la thèse, la rédaction d'une publication est aussi un travail de synthèse nécessaire, facilitateur de la rédaction du manuscrit qui parfois se substitue en partie de manière partielle au mémoire final.
Autrefois le doctorant était formé à la recherche. Maintenant il est aussi formé par la recherche. La conséquence est que le doctorant doit publier. Les doctorants sont des chercheurs à part entière. Publier est donc incontournable, sous différentes formes.
La publication scientifique est vitale pour le laboratoire, y compris pour sa « survie ». Dans tous les secteurs, publier est un signe de vitalité du domaine. Il y a comme un contrat entre le laboratoire et le doctorant, pour publier. Cependant le doctorant ne peut pas publier aisément seul, avec qualité, du premier coup. Il doit être formé à publier. C'est de la responsabilité du directeur de thèse.
Il y a une question simple à retenir : la question d'exister dans une communauté, qui dépasse le cadre du laboratoire. Ne pas publier, ne pas parler dans un congrès, revient à dire que le chercheur n'existe pas, il n'est pas visible. Écrire une publication est aussi un formidable outil de progression, et qui demande de fait un effort.
Publier avant la rédaction de la thèse aide beaucoup pour préparer le manuscrit et la soutenance. L'effort de synthèse est mieux réparti dans le temps. En cherchant un post-doc (puis un poste), les chercheurs français semblent moins publier que dans d'autres pays (témoignage vrai au moins pour la discipline portée par le témoignage). Le nombre de publications reste une clé d'entrée pour envisager l'après-thèse.
Publier a-t-il une image négative pour l'industrie ? La réponse est non, car publier est une compétence fondamentale du chercheur, dès le processus de formation doctorale et le recruteur industriel peut s'étonner que le docteur n'ait rien publié. Les experts scientifiques dans le domaine industriel sont soumis eux aussi à cette bibliométrie.
Faut-il publier beaucoup dans des revues à qualité moindre, ou l'inverse ? La réponse tend plutôt à publier moins dans une meilleure revue, car publier demande beaucoup d'énergie et dupliquer cette énergie coûte du temps dans la thèse.
Dans les situations de confidentialité (notamment les thèses CIFRE), publier peut être possible après le brevet et en tenant compte de celui-ci. Mais le temps manque souvent au docteur par la suite, en raison de son embauche dans l'entreprise concernée, ou a fortiori dans une autre entreprise.
La difficulté de publier peut aussi en partie provenir, pour la France, de la thèse en 3 ans : on publie des travaux quelque fois pas optimisés. Attendre plus permettrait un papier plus achevé, mais cela n'aurait pas été la marque du doctorant. Il peut alors être bon de prévoir le « papier de survie » pour autoriser la soutenance et sécuriser, et publier vers la fin un bon papier qui pourra être publié après la thèse.

B. La bibliométrie
Il existe de grandes disparités des modes de publication et des « niveaux » perçus des publications. Il existe des paramètres bibliométriques qui quantifie les publications, afin d'être en mesure de comparer.
Le plus connu est certainement le Facteur d'Impact ou « Impact Factor » (IF) : le FI d'une revue est le nombre moyen de citations de chaque article publié dans cette revue. Ce facteur est donné par l'éditeur Thomson Reuters qui dispose de l'outil Web of Science. Plus la revue est citée, plus l'IF est élevé, ce qui peut renforcer le poids d'un CV faisant état de publications dans des revues à IF élevé. Ceci étant, dans certains domaines scientifiques, il existe des revues de haute qualité scientifique, avec un IF plus réduit car ces revues sont lues par un nombre restreint de scientifiques, les spécialistes du domaine. Ainsi, plus une revue a un spectre large, plus elle a mécaniquement des chances d'avoir un IF élevé (le cas de Nature est caractéristique, puisque cette revue prestigieuse est ouverte à tous les domaines).
Un second paramètre bibliométrique est le h-index d'un chercheur. Ce paramètre fait partie des outils qui permettent d'établir le fameux « classement de Shangaï ». Le calcul du h-index fait intervenir le nombre de publications et le nombre de citations. L'h-index est basé sur la distribution dans le temps des citations dont fait l'objet le travail d'un chercheur. Un scientifique aurait ainsi un indice h si h de ses N articles ont chacun au moins h citations, les autres N-h articles ayant au plus h citations chacun.
Il y a aussi un effet de chance d'être dans un laboratoire, dans la « bonne » équipe, au « bon » moment. Donc il ne faut pas culpabiliser sur les données bibliométriques en sortant de thèse. L'important est de respecter le contrat entre l'établissement et le doctorant. L'établissement doit une « formation à publier » aux doctorants. La publication doit surtout cibler les chercheurs dont on estime qu'il est important qu'ils aient connaissance des travaux en question.
Au sujet de l'évaluation des papiers soumis, cette évaluation n'est pas fait par des ordinateurs, mais par des chercheurs (eux-mêmes évalués). On ne peut qu'accepter que l'évaluation soit faite par les pairs. Les chercheurs portent la responsabilité de l'évaluation. Les différents types de « revues à comité de lecture » avec abonnement, Open Access, actes de congrès avec comité de lecture... donnent en général lieu à une évaluation par au moins un reviewer qui fournit un rapport. Ce rapport formel reste l'élément qui confère le statut « ACL » ( à comité de lecture) à une publication. L'utilisation de moteurs de recherche peut cependant amener à confondre la notion de « comité de lecture » et de référencement automatique : des actes de congrès non reviewés sont référencés sur WOS alors que certains journaux à comité de lecture ne le sont pas.
Publier rapidement sur un sujet long avec concurrence est important pour fixer l'antériorité. Inversement, il y a des sujets sur lesquels il faut se freiner avant de publier, car le sujet doit être amené à maturité pour être publié. C'est donc très subtil et c'est le rôle du directeur de thèse que d'y être très vigilant et d'orienter le doctorant dans ce sens.
La majorité des revues ont des reviewers anonymes et c'est préférable pour éviter des tractations. Dans les papiers pluridisciplinaires (médecine + matériaux par exemple), les principes des publications peuvent être radicalement différents d'un domaine (médecine) à l'autre (matériaux). Les IF sont aussi très différents d'un domaine scientifique à un autre.

C. Les « Open Access »
Ces revues ont un principe inverse des revues scientifiques habituelles qui font payer l'abonnement mais pas la publication : les Open Access font payer les auteurs, mais la revue est totalement libre d'accès. Le coût de publication d'un article peut osciller entre 500 et 2000 $. Il peut être intégré dans le budget des programmes de recherche financés.

Les taux de citations de ces revues évoluent rapidement et peuvent devenir à terme comparables aux taux de citations des revues classiques (Elsevier, Springer, etc.). Il ne faut pas pour autant s'imaginer que toutes les Open Access sont sans filtre scientifique. Certaines, en quête d'articles, font passer « n'importe quoi ». D'autres ont un processus de review tout aussi sérieux et rigoureux que les revues traditionnelles. Il faut savoir que, quelle que soit le type de review, dans des revues sérieuses, il y a beaucoup plus de papiers rejetés, même sans review car l'éditeur scientifique fait un premier filtre.
On est aujourd'hui dans un tournant avec l'émergence du mode de publication en Open Access. Quelle sera l'évolution dans le futur ? Difficile à dire, mais pour l'instant continuer à publier classiquement est préférable dans une perspective de CV consistant, mais sans négliger l'Open Access qui va monter en puissance dans le futur.
Il existe des Open Access avec archivage (cela vient des mathématiciens). Le MIT a pris le pas en mettant sur son site ses publications (archives ouvertes). On note le site SHERPA qui répertorie, suivant les éditeurs, les conditions de mise en ligne sur archive ouverte ou site personnel (contenu sans mise en page, référence au DOI). Attention cependant de respecter le droit des éditeurs et ne pas mettre en Open Access un PDF édité par une revue traditionnelle, sans autorisation de celle-ci. Il faut aussi considérer les réseaux sociaux dédiés à la recherche, où la mise en ligne des publications est possible, mais attention également aux droits des éditeurs !
Dans les Open Access, il y a du mauvais : on peut repérer à ce sujet l'Open Access qui a son bureau dans un pays fiscalement suspect, ou des individus qui créent leur Open Access en propre. Il y a cependant de très bons journaux en Open Access, par exemple PLOS Public Libraray Open Science dans le domaine biologique et médical. Certains Open Access ont des IF élevés.
Signalons enfin la difficulté de trouver des reviewers ! Il faut nécessairement de la parité et accepter de faire des reviews. Un doctorant ne peut être un reviewer d'un article, car il lui manque encore un certain recul. Par contre, un avis sur un point technique et expérimental peut être sollicité auprès d'un doctorant au fait de la technique. Le choix des reviewers fait l'objet d'un vrai travail d'identification de la part de l'éditeur scientifique. Reviewer, cela s'apprend. Il faut de la distance. Le reviewer débutant est plus exigeant, mais peut faire des erreurs de jugement global.

3. Concours Poster

Sur les 55 posters, 12 posters ont été nominés par le vote des doctorants au cours de la session poster.
Chacun(e) des doctorant(e)s nominé(e)s a présenté oralement son poster en session plénière, en 180 secondes.
Le jury, constitué des Vice-Président / Directeurs de la recherche des établissements, et de la direction de l'ED SIS, a attribué un premier prix de 300 €, un deuxième prix de 200 € et 10 troisièmes prix ex æquo de 100 € chacun.

Premier Prix

Fiona LOUIS, Laboratoire LBTO, DS5 Biologie Médecine Santé
 Limiter l'ostéoporose grâce à un antioxydant qui joue sur la mécanique des cellules souches osseuses
Deuxième Prix
Lucile FAURE, laboratoire LIMOS, DS9 Sci et Techn. de l'info. et de la communication
Modèle d'évaluation ex ante de l'impact de solutions de logistique urbaine sur les flux en centre ville
Le Prix ASEC a été attribué à Marine DESGEOGES qui a obtenu le plus grand nombre de voix.
Troisièmes Prix ex aequo
Bilal BERARABI, Laboratoire LT2C, DS9 Sci et Techn. de l'info. et de la communication
Modélisation et caractérisation de matériaux innovants pour la connectique hyperfréquence et automobile
Rébecca BONNAIRE, laboratoire LGF, DS8 Sciences pour l'ingénieur
 Caractérisation mécanique de dispositifs médicaux dans le traitement de la lombalgie
Baptiste CHARBONNIER, laboratoire LGF, DS8 Sciences pour l'ingénieur
 Elaboration of complex 3D hydroxyapatites scaffolds for bone tissue engineering applications
Estelle DALOD, laboratoire LGF, DS8 Sciences pour l'ingénieur
 Influence de la composition chimique de mortiers sur leurs cinétiques d'encrassement biologique par les algues
Marine DESGEORGES, laboratoire LPE, DS5 Biologie Médecine Santé
 Déterminants moléculaires de l'atrophie musculaire consécutive à une ischémie cérébrale chez la souris
Mérième GHENNAME, Laboratoire LT2C, Sci et Techn. de l'info. et de la communication
 The social web and the semantic web for recommendation of educational material
Nadiguim LAMAÏ, Laboratoire LT2C, Sci et Techn. de l'info. et de la communication
 Etude et propriétés physiques de guides d'ondes d'oxydes métalliques dopés par des nanoparticules magnétiques : application et étude à l'effet magnéto-optique
David PERRIN, Laboratoire LGF, DS8 Sciences pour l'ingénieur
 Vers on outil d'aide à la décision pour le traitement des anévrismes par endochirugie
Alexis VAN ROBAEYS, Laboratoire LTDS, DS8 Sciences pour l'ingénieur
 Etude du faïençage en rectification du 32CDV13 nitruré.
Sabit ZAKI, Laboratoire LT2C, DS9 Sci et Techn. de l'info. et de la communication
 Détection de couche résiduelle de résine par réseaux de neurones

Un très grand merci à chacune et chacun, pour son implication active !

Publié le 1 juillet 2014