Visite ministérielle, Pascal Vallet présente les résultats de son étude

Visite ministérielle, Pascal Vallet présente les résultats de son étude

Lors de sa visite à Saint-Étienne, le 8 juin 2015, Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, est venu annoncer un renforcement du nombre de fonctionnaire de police dans la Loire. Ce fut également l’occasion de rencontrer notre Président Khaled BOUABDALLAH et Pascal VALLET, enseignant chercheur à l’UJM, qui a présenté les résultats de son étude menée durant 10 mois sur les relations entre les citoyens de quartiers défavorisés et les forces de sécurité.


Lors de sa visite à Saint-Etienne, le 8 juin 2015, Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, est venu annoncer un renforcement du nombre de fonctionnaire de police dans la Loire ainsi que la signature de nouveaux contrats de service civique avec les pompiers, la police et la préfecture. Monsieur le ministre est venu
accompagné de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et de Myriam El Khomri, secrétaire d’État chargée de la Politique de la Ville.
L'objectif de cette visite était de mettre en avant les bienfaits de la Zone de sécurité prioritaire (ZSP).



L'équipe ministérielle a pu, entre autre, visiter le Centre de Loisirs jeunesse (CLJ) de Montreynaud où elle a rencontré notre Président Khaled BOUABDALLAH et Pascal VALLET, enseignant chercheur à l'UJM, qui a présenté les résultats de son étude, qui s'est déroulée de mars à décembre 2013, sur les relations entre les citoyens de quartiers défavorisés et les forces de sécurité. Cette étude a fait l'objet d'un rapport public le 22 janvier 2014.

Présentation de l'étude par Pascal VALLET (extrait de l'intervention orale) :

"Lorsque l'enquête sur « les attentes des habitants de Montreynaud en matière de sécurité » m'a été commandée, ce quartier jouissait depuis longtemps d'une mauvaise réputation mais comme le montraient d'ailleurs les chiffres de la police et comme l'enquête le montrera ensuite, cette réputation n'était pas justifiée. A ce moment là, en effet, Montreynaud apparaissait calme et ses habitants, vacant à leurs occupations, avaient une vision positive de leur secteur de quartier. Bien évidemment, cette vision positive (« familial », « paisible », « bien situé ») est à nuancer, elle dépend des zones d'habitations, des âges, etc. mais les habitants le disaient, leur quartier n'est pas « dangereux », « pas violent ». Il ne s'agit toutefois pas de prétendre qu'il n'y avait pas de problèmes, pas de délinquance, pas de risques de « mauvaises rencontres » mais que les problèmes, la délinquance, les « mauvaises rencontres » pouvaient très bien se produire ailleurs dans Saint-Etienne. Pour les habitants, l'insécurité n'était donc pas le problème majeur alors que l'emploi, l'école, la poste fermée, les déplacements difficiles, l'absence de magasins, etc., bref, la vie quotidienne tout autant que le sentiment d'être stigmatisé parce qu'ils auraient habité Montreynaud, étaient des sources d'inquiétude ou de rancœur.

Disant cela, je ne nie pas le sentiment d'insécurité qui est présent sur le quartier mais de façon minoritaire et différemment en fonction des âges, des expériences de vie et de victimisation, des zones d'habitation. Non, je voudrais simplement insister et c'est un des résultats de l'enquête, sur le fait que c'est plutôt le sentiment d'abandon et de relégation qui apparaissait le plus fort et qui, avec le sentiment d'insécurité, exprimaient une insatisfaction plus large. Au moment de l'enquête, cette insatisfaction était due à une impression de vide, à un regret de l'absence physique des services de l'état et de la ville qui, pour un nombre non négligeable d'habitants, leur faisait vivre le quartier comme un espace délaissé, livré à lui-même. Quant à la police, plutôt que des incursions ponctuelles qui se traduisaient par des amendes, des contrôles d'identité répétés, un effet « cowboy », on attendait d'elle qu'elle soit plus proche, des habitants, qu'elle les connaisse, qu'elle soit « juste » mais « ferme et mesurée ». Bref, on attendait une police de proximité. En contribuant à combler un vide, cette présence policière pourrait, en effet, à la fois rassurer ceux des habitants les plus fragiles et qui se sentent en insécurité (les plus âgés par exemple) mais aussi par la familiarité qu'elle entretiendrait avec les habitants plus confiants, elle pourrait contribuer à déconnecter le sentiment d'injustice que ressentent les plus les plus contrôlés d'entre eux comme y contribuerait d'ailleurs, la présence d'autres services de l'état (poste, CAF, Pôle emploi, etc.)."


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Crédits photos Georges RIVOIRE L'Essor (lessor.fr)

Publié le 9 juin 2015