Éducation et Autonomie

Devenir Autonome - Apprendre à se diriger soi-mêmePhilippe Foray

Cet ouvrage a d’abord vocation à combler un vide. S’il existe en effet des articles, des numéros de revue et des livres consacrés à l’apprentissage autonome, il n’existe pas d’étude synthétique, complète et critique des liens divers qui relient éducation et autonomie. Cette absence est d’autant plus surprenante que l’autonomie est une exigence omniprésente des sociétés contemporaines et en particulier des pratiques éducatives.

Rédigé dans une langue à la fois claire et conforme aux exigences méthodologiques universitaires, l’ouvrage relève d’une approche philosophique personnelle, mais aussi appuyée sur l’exposé et la discussion d’auteurs contemporains, français (Gauchet, Renaut, Rancière, Stiegler, Serres, etc.) et anglo-saxons (Rawls, Walzer, Taylor, Nussbaum). Il s’appuie également sur des études sociologiques (Elias, Ehrenberg, etc.), psychologiques (Mead, Bruner, Gilligan et les théories du care, etc.) et pédagogiques (Freire, etc.).

La première partie s’interroge sur la possibilité de l’éducation à l’autonomie (chap.1), puis traite de l’autonomie comme but de l’éducation (chap.2). La seconde partie montre les tours, les détours et les risques du développement de l’autonomie (chap.3). Elle reprend à nouveau frais des questions classiques comme le rapport entre autonomie et autorité (chap.4) ou le développement de l’autonomie morale (chap.5), mais elle aborde aussi des questions contemporaines comme la place des médias dans l’éducation, le devenir sexué ou l’enfant-roi. La troisième partie, consacrée à l’école, traite successivement de l’autonomie intellectuelle (chap.6), des pédagogies de l’autonomie et du numérique (chap.7) et enfin des avatars du devenir autonome au sein du système scolaire (chap.8).

 

Que peut-on attendre de cette étude ? Je soulignerai entre autres, trois résultats principaux :

- En dépit des apparences, l’autonomie n’est pas nécessairement le contraire de la dépendance. Certaines formes de dépendance, éducatives en particulier, sont des appuis pour le développement de l’autonomie. Ce sont celles qui peuvent être intériorisées sous forme de ressources pour agir et pour penser. D’autres dépendances au contraire, lui font obstacle.

- Autonomie et socialisation sont inséparables. L’autonomie ne qualifie pas des personnes séparées des autres, libres de tout attachement. La socialisation est une condition de l’autonomie. Cette condition est aussi politique : le développement de l’autonomie ne suppose pas des individus livrés à eux-mêmes. Il dépend aussi de l’existence de conditions sociales favorables.

- L’éducation à l’autonomie emprunte des tours et des détours. Elle ne se fait pas seulement dans les écoles, mais aussi dans les familles et entre pairs. Elle ne dépend pas seulement de la transmission éducative, mais aussi du développement (neurobiologique) et de l’expérience. Ces tours et détours font la complexité de l’éducation et l’incertitude du métier d’éducateur. Ils rendent compte aussi de l’irréductible singularité de chaque personne.

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L’auteur

Philippe Foray
est philosophe, professeur des universités (Sciences de l’éducation) à l’Université Jean Monnet (Saint-Etienne). Il a déjà publié La laïcité scolaire, Berne, Peter Lang, 2008.
Page web : http://recherche.univ-lyon2.fr/ecp/equipes/enseignants-chercheurs/philippe-foray  
 
Courriel : philippe.foray[at]univ-st-etienne.fr (philippe.foray @ univ-st-etienne.fr)

Publié le 18 octobre 2016