Orientations stratégiques de l'UJM

Orientations stratégiques de l'université Jean Monnet

Les orientations stratégiques ci-dessous sont issues d’un document remis par la nouvelle équipe présidentielle de l’UJM au HCERES (Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur) en juin 2021. Ce document définit les objectifs du mandat qui débute et seront discutés avec les membres du HCERES cet automne.

1. Une université ouverte et motrice pour une nouvelle politique de site


L’université Jean Monnet s’est toujours attachée à développer des relations académiques denses et fructueuses avec les établissements d’enseignement supérieur lyonnais et stéphanois. Elle entend ainsi contribuer aux projets qui, à l’échelle du site Lyon-Saint-Étienne, mettent au cœur de leurs préoccupations la progression scientifique et l’attractivité des formations dans une démarche de transformation respectueuse des apports et de la personnalité morale et juridique de chaque établissement.

Le PIA 4 offre l’opportunité d’une nouvelle ambition pour le site Lyon-Saint-Étienne. L’université Jean Monnet a donc vocation à participer aux nouvelles dynamiques collectives qui en résulteront dans la mesure où elles portent au meilleur niveau un ensemble académique déjà extrêmement riche d’objets financés lors des PIA précédents au sein des deux métropoles.

2. Les étudiants au cœur des priorités

La réussite et le bien être étudiant seront placés au centre de la politique de l’Établissement par la mise en œuvre d’initiatives qui doivent couvrir l’ensemble des cycles de formations, de la Licence au doctorat.

La première d’entre elles vise à organiser un dispositif de premier cycle facilitant l’orientation et la réorientation et la mise en place d’une politique d’accompagnement vers la réussite intégrant le bilan des dispositifs existants et le dialogue avec les lycées pour bien prendre la mesure des conséquences de la réforme du baccalauréat. Le premier semestre à l’université est déterminant pour la réussite étudiante, il impose de mobiliser des moyens pour aider les composantes à mettre en place des dispositifs différenciés d’intégration et d’orientation ou de réorientation qui prennent en compte la diversité des publics qu’elles accueillent.

L’université Jean Monnet affiche aujourd’hui des résultats d’insertion professionnelle supérieurs aux moyennes nationales et en progression régulière pour ses licences professionnelles et ses masters.

Elle s’appuie pour cela sur la généralisation de ses dispositifs d’insertion professionnelle et par un très fort développement de l’alternance dans ses cursus de formation de licence, de licence professionnelle, de master et d’ingénieurs. Cette stratégie de long terme mérite d’être poursuivie et amplifiée par de nouveaux parcours professionnels prioritairement en alternance (quand cela est possible) et affirmant une articulation forte avec les besoins du territoire et/ou les milieux socio-économiques. Pour le premier cycle, la transformation des DUT en BUT offre en particulier l’opportunité de repenser notre offre de formation de licences professionnelles en réfléchissant à la fois à des parcours en 1, 2 ou 3 ans mieux intégrés dans l’offre globale pour une orientation plus continue et adaptée aux différents publics et à une modularisation des cursus au bénéfice du déploiement d’une véritable politique de formation tout au long de la vie.

Il s’agira également de déployer une offre de parcours de master ambitieuse, adossée à la recherche et attractive pour l’établissement et pour le territoire. Cet objectif implique le développement de parcours de master plus fortement adossés aux axes scientifiques des équipes de recherche dans le but de concevoir, dans quelques domaines thématiques, des programmes structurants, notamment de type "graduate schools" ou sous la forme d’instituts. Sont d’ores et déjà identifiés les domaines suivants :

- Arts, Recherche, Territoires, Savoirs (ARTS) ;
- Sport, santé, performance ;
- Interaction Lumière Matière (Manutech Sleight Graduate School) ;
- Économie. 

L’université Jean Monnet accorde une importance particulière à l’initiation à la recherche pour tous ses étudiants et pas exclusivement ceux qui se destinent à aller jusqu’au doctorat parce qu’elle considère que c’est aussi un facteur d’insertion et de développement professionnels. Pour cela, elle va encourager les projets comme les "Labo Junior", la médiation scientifique et toutes formes de recherche-action "hors les murs" de l’université.

Accorder une priorité à la réussite des étudiants, notamment en 1er cycle, nécessite d’inclure la question de la santé des étudiants (santé physique, santé morale, santé sociale) comme facteur de réussite, dans un esprit de promotion sociale et d’égalité des chances. L’université Jean Monnet développera pour cela des actions de lutte contre les précarités et les discriminations, de prévention et d’éducation pour la santé des étudiants.

La crise de la COVID-19 a démontré qu’il était possible de mobiliser des moyens pour faciliter l’accès au numérique pour tous nos étudiants. L’université Jean Monnet continuera de déployer et d’amplifier cette politique en lien avec l’innovation pédagogique et un meilleur accompagnement à la prise en main d’outils pédagogiques plus diversifiés, sans renoncer et l’opposer au maintien d’une priorité à la qualité d’un accueil en présentiel des étudiants sur nos campus.

En matière de vie étudiante, l’université Jean Monnet encouragera et accompagnera les initiatives étudiantes qu’elles soient associatives, culturelles et artistiques ou tournées vers l’entrepreneuriat. Elle dispose aujourd’hui de nombreux outils pour le faire sur des campus rénovés ou en cours de rénovation, avec aussi un Centre des savoirs pour l’innovation qui intègre un Learning Center et un pôle innovation-création (incubateur, fablab, centre pour l’entrepreneuriat). L’université Jean Monnet souhaite ainsi promouvoir la formation à l’esprit d’entreprendre, favoriser le développement de connaissances, compétences et attitudes permettant à chaque étudiant de transformer des idées en action.

Elle accorde aussi une grande importance à la participation des étudiants à sa gouvernance et pour cela elle fera rapidement évoluer la Conférence des élus étudiants vers un véritable Parlement étudiant pour légitimer l’action étudiante dans une relation de confiance.

3. Une université collégiale qui se transforme

Les Facultés, Instituts, Départements qui composent l’université auront la possibilité de définir leur trajectoire et leurs objectifs pour le contrat à venir, accompagnés par un contrat d’objectifs et de moyens. En outre, parce qu’elles sont porteuses de valeur ajoutée académique pour les étudiants et contribuent à une plus grande visibilité de l’UJM, des recompositions de composantes seront opérées (par exemple à l’IAE et sur le site de Roanne), en concertation avec toutes les parties prenantes. La stratégie de l’établissement, interne et externe, sera débattue au Conseil d’administration par l’organisation de débats stratégiques.

Au terme de plusieurs dizaines d’années de structuration immobilière, l’UJM est désormais une université qui vit par et pour ses campus. Il s’agit désormais de prendre la mesure de cette transformation et d’en tirer tout le bénéfice pour nos étudiants et personnels.

Cela impose une politique interne de décentralisation durant laquelle l’université pourra poursuivre et amplifier sa politique de proximité vis-à-vis de ses composantes et laboratoires, mieux les accompagner dans leur stratégie et construire une organisation de terrain qui soulage les enseignants et les chercheurs et vise à diminuer les charges de suivi administratif et financier. Deux expérimentations vont être menées : l’une sur le campus santé, l’autre sur le campus roannais.

Une université qui se transforme se doit d’être exemplaire en matière de responsabilité sociétale et environnementale. Lutter contre les discriminations et les violences sera une priorité du contrat en améliorant la prévention, le dispositif de signalement et l’accompagnement.

Le dispositif devra être connu de tous et encourager les personnes en difficulté à se signaler. Une démarche sera mise en place, en concertation avec les organisations syndicales, pour d’une part mieux reconnaitre et mieux valoriser les compétences des personnels et d’autre part pour contribuer à améliorer la qualité de vie au sein de l’établissement. Afin de réduire l’empreinte environnementale, les circuits courts seront privilégiés pour toutes les fournitures et tous les équipements possibles. Les mobilités devront être également davantage en phase avec les enjeux environnementaux et de sobriété avec une diminution significative des déplacements à fort impact carbone et à efficacité scientifique ou administrative limitée.

4. Une université qui soutient la recherche et qui se mobilise sur les nouvelles exigences méthodologiques et éthiques de la recherche

Dans le sillage de la politique menée lors du précédent contrat, qui a conduit à une forte progression de la qualité des recherches et de l’attractivité de l’établissement, l’université poursuivra une politique ambitieuse de soutien et d’incitation aux activités de recherche et de valorisation de la recherche.

Cette politique se fonde sur la volonté d’accompagner au plus près les laboratoires, par un dialogue régulier, la garantie d’une visibilité budgétaire sur le contrat, l’incitation et le soutien pour les réponses aux appels à projets. L’accent sera particulièrement mis sur le renforcement de l’ingénierie de projets, du montage à la valorisation, et de leur suivi administratif et financier pour plus de fluidité et d’efficacité. Consciente en particulier des enjeux de la recherche clinique pour la visibilité du domaine hospitalo-universitaire stéphanois, l’université contribuera pleinement à son développement par des relations régulières avec ses acteurs et l’apport de ses forces pluridisciplinaires. Un chargé de mission sera nommé spécifiquement sur ces questions.

Les structurations articulant master/doctorat/laboratoires dans des thématiques qui marquent l’identité pluridisciplinaire de l’UJM seront au cœur de la stratégie académique de l’établissement pour une articulation encore plus efficiente de la recherche et de la formation. De manière complémentaire, et dans un objectif convergent de politique scientifique ambitieuse, les thématiques originales, les initiatives émergentes et les croisements interdisciplinaires les plus féconds continueront d’être encouragés.

Le soutien à la recherche se manifestera également par l’attention portée au doctorat. La politique doctorale est en effet un enjeu important des années à venir, alors que l’université délivrera de nouveau le doctorat à partir de janvier 2022. Une réflexion devra s’engager pour la meilleure articulation possible du collège de l’université de Lyon, de la coordination doctorale de Saint-Étienne et des politiques des écoles doctorales en matière de formation et d’insertion professionnelle dans l’intérêt des doctorants. Dans cette même optique, le financement de contrats doctoraux demeure un engagement de l’établissement.

 L’ouverture de la recherche à la société sera enfin une priorité du prochain contrat. Elle s’inscrira dans les perspectives définies par le Plan national pour la science ouverte, pour la diffusion des publications et des données de recherche, toute en respectant les spécificités disciplinaires. Les actions de médiation scientifique et de diffusion des sciences et des savoirs, en prise avec les grands enjeux contemporains, seront renforcées. Cette démarche s’articulera avec la poursuite de l’effort de sensibilisation au respect des principes de l’intégrité scientifique des personnels impliqués dans la recherche et des étudiants au cours de leur formation initiale mais aussi lors de la formation continue.

5. Une université ouverte, du local à l’international

L’université Jean Monnet a pour ambition d’intensifier ses relations avec le monde social et économique et continuera de s’appuyer pour cela sur la Fondation qui demeurera un creuset de sa politique partenariale. Ses priorités d’actions, construites avec l’ensemble de ses mécènes, actuels comme futurs, ont vocation à venir conforter l’université dans sa politique d’ouverture.

La politique internationale de l'UJM ces quinze dernières années a été fortement marquée par l'internationalisation des masters et le développement des dispositifs d'accueil. Il s’agit d’un marqueur de l'établissement à l’échelle du site et plus largement. À partir de 2008, la politique internationale de l'UJM s’est résolument inscrite dans celle du PRES, puis de la COMUE, jusqu'à les confondre totalement. Cette évolution a notamment élargi les champs des partenariats institutionnels (PITES, Pennsylvanie, Shanghai, Ottawa, Arqus...). Aujourd'hui la politique internationale du site et celle de l’UJM doivent se repositionner en même temps que l’évolution de la COMUE, y compris dans le cadre de la politique régionale car les deux se sont souvent rejointes. La politique internationale de l’UJM continuera de s'inscrire dans la politique du site pour partager ou bénéficier de partenariats institutionnels larges.

Elle souhaite néanmoins promouvoir les relations internationales comme vecteurs d’attractivité et de rayonnement pour l’établissement, de réussite, d’ouverture et d’épanouissement pour les étudiants. Elle favorisera et développera pour cela la mobilité sortante des étudiants de 1er et de 2nd cycle. Elle développera en parallèle des partenariats stratégiques afin d’accroître l’attractivité internationale des formations, et poursuivra activement sa politique de promotion et de développement des masters internationaux.

Dans cette stratégie, la qualité de l’accueil des étudiants étrangers est un élément essentiel et l’université Jean Monnet renforcera ses dispositifs d’accueil, d’intégration et d’accompagnement des étudiants étrangers, en se fixant l’objectif d’avoir un dispositif d’accueil dédié à chacun de nos campus.

Enfin, l’université Jean Monnet souhaite accompagner les initiatives de ses personnels au travers des projets des composantes et des membres de sa communauté pour renforcer son attractivité à l’international et développer les mobilités entrantes et sortantes (mise en place et animation d’un réseau de chargés de mission et porteurs de projets pour partager les pratiques et expertises en appui ; renforcement et valorisation des compétences linguistiques et interculturelles des personnels et étudiants, etc.).