Les Doctoriales du CELEC

Les Doctoriales du CELEC (2e éd.)Journée d'études « Héritage(s) »

Université Jean Monnet Saint-Étienne - Site Tréfilerie - 33 rue du 11-Novembre
Bâtiment G - Salle du Conseil (G0.5)

En collaboration avec les laboratoires CIEREC, IHRIM et l’association Alt. 516, le CELEC organise sa deuxième doctoriale. Sous forme d’une journée d’études, les échanges porteront sur la thématique « Héritage(s) : Au principe de la création artistique et littéraire contemporaine ».

 

En collaboration avec les laboratoires CIEREC, IHRIM et l’association des doctorant.e.s stéphanois.e.s Alt. 516, le CELEC organise sa deuxième doctoriale. Sous forme d’une journée d’études, les échanges porteront sur la thématique suivante : « Héritage(s) : Au principe de la création artistique et littéraire contemporaine ».

 

PRÉSENTATION

  • La complexité inhérente à la notion d’« héritage » semble décourager toutes les tentatives de définition. À la question de savoir ce qu’est un héritage, Jean Mallet, Sylvain Camilleri et Cédric Chandelier se limitent d’ailleurs à relever quelques traits qui lui sont consubstantiels, à savoir le temps, le contenu et le processus de transmission. Par-delà les existences individuelles, les époques et les circonstances disent-ils, la possession de biens, de valeurs et d’idées se perpétue. Toutefois, l’héritage ne se conçoit pas qu’à travers la réception et la transmission, mais aussi dans des processus de transformation. La désignation de ce troisième paradigme est d’importance, car il caractérise avec force notre époque. Le débat que nous souhaitons donc susciter portera pour une large part sur les modalités d’inscription et de représentation de l’héritage dans les créations artistiques et littéraires de l’extrême-contemporain.
  • La récente étude de Dominique Viart et de Bruno Vercier, La Littérature française au présent : Héritage, modernité, mutation (2005), montre que la notion d’héritage – comme source de production – suscite un intérêt renouvelé en littérature et dans les arts. Cet ouvrage se donne ainsi comme une description critique d’une nouvelle génération d’écrivain-es de langue française (1970-1980 à nos jours) – non sans en indiquer les repères et les influences qui, par ricochet, alimentent l’écriture aujourd’hui. D. Viart affirme notamment, en ce qui concerne la littérature française : « chez nous, les références au passé, le souci d’en interroger les pratiques et les usages expriment davantage le désarroi d’un présent qui cherche à se comprendre à la faveur d’un dialogue avec le passé ». Ceci concerne tout ce qui relève de la résistance, de la permanence et de la novation dans l’apport et la représentation des legs esthétiques et thématiques en littérature. L’écriture contemporaine se donne par ailleurs, comme un espace où l’auteur-e répond aux appels de l’Histoire. L’Histoire alimente son imaginaire et il/elle ne cesse d’y replonger. Ce procédé apparaît très prégnant chez nombre d’auteur-es contemporain-es comme Éric Vuillard (14 juillet, 2016) par exemple, le dernier prix Goncourt. Les écrivain-es contemporain-es se saisissent ainsi du fait historique comme d’un véritable vivier pour élargir leurs horizons de création.
  • Parler d’héritage, c’est en outre désigner opportunément le rapport des écrivain-es africain-es contemporain-es à leurs corpus de références culturelles et linguistiques propres ainsi qu’au legs colonial. Ceci peut renvoyer à la lecture des révolutions et des évolutions thématiques et esthétiques à l’oeuvre chez les « enfants de la postcolonie » (Abdourahman A. Waberi). On pourrait à juste titre se demander où nous en sommes par rapport à ce que Georges Ngal nommait « création et rupture en littérature africaine » (1994).
  • Penser l’héritage en « situation post-coloniale » (Marie-Claude Smouts) reviendrait donc à penser la lancinante question du rapport entre l’auteur-e, la langue d’écriture et les processus artistiques de création. De 2015 à 2016, Alain Mabanckou est ainsi invité au Collège de France et nommé à la chaire de « Création artistique ». Cet événement atteste clairement et consolide même l’idée d’un changement dans le paysage littéraire et artistique africain. L’espace de création africain en général (francophone, anglophone, lusophone, etc.) semble donc devenir l’espace de tous les possibles linguistiques et culturels.
  • Il pourrait aussi être judicieux d’explorer les modalités de rencontre de nos différents legs esthétiques et techniques pour en exposer la fécondité : comment le roman emprunte-t-il des techniques cinématographiques/photographiques pour donner à lire une image ? Comment la littérature s’inspire-t-elle d’un tableau et en fait sa matière première ? La prise en compte de ces questionnements nous mènerait peut-être sur des chemins inédits de formes esthétiques et épistémologiques.

    Quelques problématiques envisageables :
  • Comment le traitement des « héritages » reconfigure-t-il la littérature et les arts à l’ère contemporaine ?
  • À travers quels procédés stylistiques, rhétoriques et techniques la littérature et les arts opèrent-ils comme mise en procès de l’héritage ?
  • Comment concevoir les transferts culturels à l’aune des échanges entre littérature et arts ?
  • Comment se tisse l’identité du sujet contemporain devant ce qui s’apparente à un choc des héritages ?

    Bien que les axes ici donnés ne soient pas exhaustifs,
    les propositions de communication pourraient s’inscrire dans les thèmes suivants :
  • Héritages, partage et création artistique ;
  • Héritages et fabrique identitaire ;
  • Héritages en partage : quels savoirs à l’œuvre ?
    ...

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Contacts

Jalad Berthelot OBALI
jalad.berthelot.obali @ univ-st-etienne.fr