Colloque « Portraits de famille : modèles et représentations de la famille contemporaine nord-américaine »

[CELEC] - Colloque international « Portraits de famille : modèles et représentations de la famille contemporaine nord-américaine »

Université Jean Monnet Saint-Étienne - Site Tréfilerie - 33 rue du 11-Novembre
Bâtiment G - Salle du Conseil (G0.5)

Les années 1960-1970 marquent un tournant dans l’évolution de la famille en Amérique du Nord. D’importants changements socioculturels font voler en éclat la répartition différenciée des rôles selon les sexes...

 

Portraits de famille : modèles et représentations de la famille contemporaine nord-américaine
Family Portraits: Representing the Contemporary North-American Family

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PRÉSENTATION

  • Les années 1960-1970 marquent un tournant dans l’évolution de la famille en Amérique du Nord. D’importants changements socioculturels font voler en éclat la répartition différenciée des rôles selon les sexes sur laquelle étaient fondées la famille traditionnelle et, plus largement, l’organisation des sociétés nord-américaines. L’autorisation de la vente de la pilule contraceptive en 1960 par la FDA (Food and Drug Administration) ainsi que la légalisation de l’avortement en 1973 par la Cour suprême (Roe v. Wade) contribuent à affranchir les femmes des impératifs genrés du modèle familial traditionnel. Les années 1970 enregistrent un nombre de femmes sans précédent dans le monde du travail, y compris des mères et des épouses, conséquence de l’affaiblissement du culte de la domesticité et de la nécessité nouvelle du double revenu par foyer qu’impose la crise économique des années 1970. L’ensemble des changements de valeurs, ajouté à la possibilité légale de se soustraire au modèle de la famille traditionnelle (la Californie est le premier Etat à mettre en place une première procédure de divorce sans faute en 1970), conduisent l’institution familiale en Amérique du Nord à connaître de sérieuses mutations.
  • Les bouleversements des comportements familiaux (le rapport au mariage, la hausse du nombre de divorces et de remariages, la baisse du nombre d’enfants, le recul de l’âge au moment du mariage et du premier enfant) ont façonné le nouveau visage de la famille. Aujourd’hui, les couples mariés avec enfants ne constituent plus la seule norme et ils côtoient d’autres structures familiales, telles que les familles monoparentales, homoparentales, recomposées, celles dans lesquelles les parents ne sont pas mariés, ou encore celles formées de couples qui restent volontairement sans enfant. S’ensuit d’ailleurs une transformation nécessaire du lexique qui accompagne ces nouvelles réalités familiales. On voit entre autres apparaître certains termes tels que « démariage » ou encore « désaffiliation » pour désigner les changements survenus au cours des quarante dernières années.
  • « Désinstituée » (Marie-Blanche Tahon), la famille contemporaine a également été qualifiée d’« incertaine » (Louis Roussel) ou encore de famille « en désordre » (Elisabeth Roudinesco). La pluralité de ses modalités témoigne du caractère mouvant de celle-ci. Désarticulée, éclatée, la famille est-elle pour autant en danger ? Est-elle mise en échec par l’ébranlement des modèles traditionnels ? Nombreux sont les observateurs qui dressent un portrait alarmiste de la famille. Pour Ron Haskins et Isabel V. Sawhill, la famille américaine est « sur le déclin », pour le sociologue John F. Conway, la famille canadienne est « en crise », quant aux médias, ils sont nombreux à évoquer la « mort des familles traditionnelles en Amérique » (The Atlantic) voire à comparer la famille américaine à « une espèce en voie de disparition » (CNSNews). Pourtant, interrogés en 2010 dans le cadre du World Value Survey, 98,2% d’Américains déclarent que la famille est « importante » ou « très importante » dans leur existence. Sur les réseaux sociaux, les hashtags autour de la famille sont d’ailleurs légion (on recense plus de 250 millions d’occurrences du hashtag #family). Cet écart entre l’attachement profond à la famille, réelle ou fantasmée, et la mise en garde contre une soi-disant crise de cette dernière est au cœur des interrogations soulevées par ce colloque.

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Visuel composé par Marie Moreau

 

Contacts

Sophie CHAPUIS
sophie.chapuis @ univ-st-etienne.fr