18-19 mars 2027 (Appel)

[IHRIM] - Colloque international « Entre flamenco et jazz : écrire la résistance »

Université Jean Monnet Saint-Étienne

Ce colloque s'inscrit dans le cadre de la semaine « Entre flamenco et jazz : écrire la résistance. Voir, comprendre et faire (spectacles, conférences, ateliers) » programmée du 16 au 19 mars 2027.

 

Appel à communications

Date limite de soumission : 30 septembre 2026

 

  • « Ces sonorités noires sont le mystère, les racines qui s'enfoncent dans le limon
    que nous connaissons tous,
    que nous ignorons tous,
    mais d'où nous vient ce qui a de la substance en art. »

  • Celui qui prononça ces mots lors d’une série de conférences données entre 1933 et 1934 ne parlait pas du jazz mais d’une spécificité traditionnellement associée au flamenco et qu’il tenait pour commune à bien d'autres arts. Federico García Lorca, car c’est à ce grand poète (et pianiste) espagnol que nous devons ces paroles, les employait pour définir le duende : art, génie, pouvoir, magie... du créateur-interprète. Quelques décennies plus tard, le compositeur et musicologue André Hodeir écrira : « Cette notion, qu’on ne peut expliquer valablement, qu’on ne peut noter sur le papier, ce phénomène, qui ne préexiste en aucune façon à une œuvre dont il arrive pourtant qu’il soit la vertu majeure, semble se dérober à toute tentative de rationalisation ». Il parlait, lui, du swing, en jazz.

    Flamenco et jazz ont bien plus en commun que ce qu’un regard rapide ou une oreille distraite ne pourraient laisser croire. Au cœur de l’un comme de l’autre se trouve une culture spécifique, qui permet de comprendre comment ces deux traditions musicales sont nées, ont évolué, et continuent encore de se construire. Toutes deux se sont formées grâce aux échanges entre amateurs et professionnels, entre franges populaires et riches mécènes, pour exprimer toutes les palettes de l’émotion humaine. Témoins actifs de mémoires collectives, flamenco et jazz magnifient le quotidien par les mots, le chant et la danse. Ce sont tous les deux, de ce point de vue, des arts de la résistance, qu’ils mettent en œuvre en sublimant la réalité, en détournant les normes, en renouvelant les traditions.

    Ce colloque prétend recueillir les réflexions et ouvrir les échanges sur ce qui réunit ces deux arts, en centrant le questionnement sur la thématique commune de la résistance. Il propose de donner la parole à des musicologues, des historiens, des sociologues, des spécialistes de langues, civilisations, littératures, et de danse pour des travaux croisés et complémentaires.

    Les pistes suivantes, non exhaustives, pourront être explorées :

    — Résistance au quotidien, à une possible réalité de misère et/ou d'oppression. On songe par exemple à la dure matérialité qui sous-tend les worksongs ou, à une autre échelle, les cantes de fragua et les mineras flamencos, mais aussi à la construction, dans ce contexte musical, de ce que Paul Gilroy a nommé l’« Atlantique noir ».

    — Résistance à la norme, positionnement de rupture par rapport aux traditions. Il s’agit là de s’interroger sur l’inscription dans une nouvelle modernité quand il y a redéfinition du canon ou jeu référentiel sur ce dernier, comme avec le flamenco nuevo initié notamment par Paco de Lucía et Camarón de la Isla, ou chez Langston Hughes quand il choisit d’introduire le mot « jazz » dans sa poésie à un moment où la distinction entre blues et jazz n’est pas encore évidente et où les musiciens de jazz disent interpréter du blues.

    — Modalité d'écritures de ces résistances. Les structures musicales, poétiques, ou chorégraphiques permettent d’exprimer la résistance. On pourrait évoquer les choix chorégraphiques et d’interprétation d’un danseur comme Israel Galván ou encore ceux d'Alvin Ailey, Matt Matox, Bruce Taylor, pour ne nommer que les plus importants.

    Ce colloque s’inscrit au sein d’une semaine culturelle et artistique visant à promouvoir la connaissance de ces deux arts et cultures, à travers des conférences, des ateliers et plusieurs spectacles. Cette programmation est assurée par le département LEA de l'Université Jean Monnet Saint-Étienne, conjointement avec l'IUT-UJM, les lycées Honoré d'Urfé et Étienne Mimard, les laboratoires ECLLA, IHRIM et EMMA.

Télécharger l'appel à communications

 

MODALITÉS DE PARTICIPATION

  • Les propositions de communication (500 mots maximum), accompagnées d’une brève notice biographique, devront être adressées conjointement à :
    Rafaèle AUDOUBERT et  Christine DUALÉ d’ici le 30 septembre 2026 au plus tard.

 

PRISE EN CHARGE DES FRAIS D'HÉBERGEMENT ET DE RESTAURATION

  • L’organisation du colloque prend en charge les frais de logement et de restauration des communicants pour la période concernée.
    Les frais de transport restent à la charge des communicants. Pas de frais d’inscription.

 

DIRECTION ARTISTIQUE

  • Rafaèle AUDOUBERT (ALL-UJM, IHRIM)
  • Christine DUALÉ (EMMA, Université de Montpellier Paul-Valéry)

 

COMITÉ ORGANISATEUR

  • Association des étudiant·e·s, IUT-UJM
  • Rafaèle AUDOUBERT (ALL-UJM, IHRIM)
  • Christine DUALÉ (EMMA, Université de Montpellier Paul-Valéry)
  • Bruno MORENO (LGT Étienne Mimard)
  • Julien STRIGNANO (IUT-UJM, ECLLA)