14 novembre 2019

[ALLHIS] - Journée d'études « Voix d’outre-tombe : l’espace et l’objet funéraires comme sources »Appel à communication

Université Jean Monnet Saint-Étienne - Site Tréfilerie

Toute trace du passé a vocation à servir de source...

 

Appel à communication

  • Toute trace du passé a vocation à servir de source. Si la démarche heuristique, dans une culture occidentale longtemps dominée par l’écrit, tend à privilégier les sources textuelles, en elles-mêmes productrices de concepts, des objets matériels, mobiliers ou immobiliers, durables ou éphémères, peuvent aussi, bien qu’ils ne soient pas immédiatement signifiants, recevoir le statut de sources moyennant une méthodologie adaptée. Ainsi les artefacts, de même que les lieux qui ont été le cadre de leur élaboration et de leur utilisation, sont-ils dotés d’un potentiel de dénotation ou de connotation capable parfois de pallier l’absence de sources textuelles. Plus souvent, objets et textes – antérieurs ou postérieurs – renvoient les uns aux autres et entretiennent entre eux des relations complexes : description, explication, interprétation, (dé)légitimation... L’archéologie contemporaine entre autres, largement sortie du seul domaine de l’Antiquité et du Moyen Âge pour rejoindre l’époque des patrimoines industriels et post-industriels, invite à dépasser l’opposition trop factice entre objet et image, entre culture matérielle et culture immatérielle.
    Plus le lieu ou l’objet est pourvu d’une dimension symbolique forte, mieux il est armé pour résister au passage du temps et à la menace de l’oubli – sauf si quelque réaction iconoclaste fondée sur un système symbolique antagoniste vient contrarier le processus –. Attachement affectif (familial, religieux, civique... ), souci de conservation et d’entretien, curiosité savante et/ou appropriation idéologique se combinent alors pour pérenniser une mémoire qui peut, en tout ou partie, se passer de supports textuels. À ce titre, la résonance émotionnelle et l’investissement symbolique d’une puissance sans égale qui entourent le moment de la mort font des objets et des espaces funéraires des éléments particulièrement susceptibles de se constituer en signes, et par là en sources, pour les générations suivantes.
    Historiens, littéraires, sociologues, anthropologues, archéologues, historiens de l’art : autant de praticiens de l’objet et de l’espace funéraires qui sont ici invités à approfondir la validité de la notion de source appliquée non pas tant aux rituels funéraires, déjà beaucoup étudiés et souvent trop dépendants de la graphosphère au vu de la problématique choisie, qu’aux productions matérielles associées aux corps morts, individuels ou collectifs, brûlés ou enterrés, entiers ou fractionnés, une fois réalisées les cérémonies sanctionnant la séparation d’avec le monde des vivants. Adoptant une perspective large tant du point de vue chronologique que géographique, on mettra ainsi en avant :
    - Les traces physiques des actes d’inhumation ou de crémation ;
    - Le matériel funéraire, en particulier les réceptacles directs des restes humains : linceul, urne, cercueil, châsse, reliquaire... ;
    - Les lieux de conservation des restes : fosse, tombe, tombeau, mausolée... Le cas particulier des cénotaphes pourra aussi être pris en considération ;
    - L’espace bâti dans lequel les lieux précédents peuvent s’inscrire : cimetière, ossuaire, nécropole, mémorial, crypte, chapelle funéraire, columbarium, demeure privée... ;
    - Les objets de piété, familiale, religieuse ou autre, déposés en vue de prolonger le souvenir du défunt ou de favoriser son séjour dans l’au-delà : offrandes, statues, plaques commémoratives, objets votifs...

  • Les communications veilleront en particulier à examiner comment les artefacts retenus et ce qu’ils laissent deviner de leurs techniques de fabrication ont pu devenir une matière heuristique à part entière ; comment l’absence ou la présence de sources écrites (inscriptions, chroniques, œuvres littéraires, textes juridiques... ) a facilité ou gêné la construction de l’objet ou de l’espace funéraire comme source ; selon quelles modalités enfin, brisant métaphoriquement le silence de la mort, celui-ci s’est construit comme référence, accréditée par les discours d’autorité qui ont fini par établir sa légitimité tant dans le champ de la littérature scientifique que dans celui de la littérature d’imagination.

    Philippe CASTAGNETTI, MCF en Histoire moderne, UJM Saint-Étienne/LEM-CERCOR UMR 8584

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MODALITÉS DE SOUMISSION

  • Les propositions de communication, avec titre et résumé, sont à envoyer avant le 1er juillet 2019 à
    Manuel DE SOUZA (manuel.desouza @ univ-st-etienne.fr) MCF en Histoire romaine, UJM Saint-Étienne/HiSoMA UMR 5189, Directeur d'ALLHiS.