24 avril 2026

[ALLHIS] - Séminaire international de traductologie « La traduction des classiques » - Séance 8« Traduire et dire : les enjeux communs de la traduction de la poésie et du théâtre »

Université Jean Monnet | Campus Tréfilerie
33 rue du 11-Novembre | 42100 Saint-Étienne | Bât. M | Salle M001

Séance 8

 

  • Dans une traduction théâtrale, il est important de tenir compte de la façon dont les comédiens vont dire la pièce, en d’autres mots la traduction doit intégrer l’oralité, l’effet sur le spectateur. La traduction doit donc s’efforcer d’être une transposition percutante, contenue, brève, pour que le spectateur puisse la comprendre et l’intégrer.
    En poésie, la traduction doit tenir compte de la rythmique, des sonorités, de la façon dont elle pourrait être lue, même intérieurement, et de sa disposition sur le papier (forme courte qui ne dépasse pas la ligne par exemple, voire les exemples de poésies en forme d’arborescence).
    Il s’agit donc d’explorer la dimension orale, la manière dont le traducteur restitue le texte dans une traduction poétique ou théâtrale en tenant compte de l’oralité populaire comme la nomme Berman au sujet d’Amyot, de la façon dont un lecteur pourrait la recevoir ou un spectateur pourrait l’écouter.
    Cette traduction interprète le texte source et se veut autonome dans le texte cible, souvent dans une forme contenue, brève, transposition d’un texte parfois plus écrit (pour le théâtre). Nous nous intéresserons à ce qu’il peut y avoir de commun dans la traduction théâtrale ou poétique, la composante orale, le texte lu en public. Pour la poésie, ce sont donc les sonorités, les assonances ou allitérations, même s’il n’y a pas forcément de rimes, les effets du texte, le texte traduit pouvant en effet donner lieu à une performance orale. Pour le théâtre, il s’agit d’entendre le comique, le ton, les effets, les écarts de registre s’il y en a.
    Les contributions pourront faire référence à des théories de la traduction mais elles utiliseront aussi des exemples précis de pratiques de traductions, prévues pour le théâtre, pour des étudiants, ou pour des volumes bilingues où la proximité du rythme est importante. Elles peuvent porter uniquement sur la poésie ou uniquement sur le théâtre, ou sur les deux, en fonction des auteurs choisis.
    Toutes les périodes historiques sont possibles, du Moyen Âge à la période contemporaine et récente, en mettant l’accent sur la traduction comme moyen pour transmettre à un public contemporain de manière efficace les textes anciens ou non. S’agissant du théâtre, cela veut dire traduire pour que des comédiens s’emparent de la pièce et concernant la poésie, cela implique que celle-ci soit potentiellement lisible à haute voix. Il s’agit de mettre en avant le ton de l’auteur, ses particularités, sans chercher forcément à écrire dans un français standard avec respect des temps et aplatissement du style (enlever les répétitions, ne pas changer de mode de temps verbal, etc., lissage que les éditeurs demandent souvent). Le français peut reprendre certaines formes de la langue étrangère et doit être compréhensible pour le public tout en restant parfois « étrange » (« effet- traduction » théorisé par Jean-Charles Vegliante, par exemple). Les réflexions pourront s’appuyer sur des livres théoriques (Poétique du traduire de Meschonnic, The Translator’s Invisibility de Lawrence Venuti, les grands penseurs de la traduction comme Antoine Berman ou Walter Benjamin, ou encore Yves Bonnefoy et Paul Ricœur) ou sur des pratiques de traducteurs empiriques.

 

ORGANISATION  | CONTACTS

  • Anne BÉCHARD-LÉAUTÉ (anne.francoise.leaute @ univ-st-etienne.fr) ((UJM Saint-Étienne, ECLLA)
  • Pascaline NICOU (pascaline.nicou @ univ-st-etienne.fr) (UJM Saint-Étienne, IHRIM)