[IHRIM] - Journée d’étude interdisciplinaire « Les relations interspécifiques à la croisée des disciplines : enjeux théoriques et méthodologiques »
Le 5 novembre 2026
Université Jean Monnet Saint-Étienne
Événement organisé par le laboratoire junior GRRIS-Groupe de Recherche sur les Relations InterSpécifiques
Appel à communications
- À l’aube de bouleversements climatiques et environnementaux majeurs, et de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la sixième extinction de masse des espèces, la question de la diversité et de la richesse des relations interspécifiques au sein des écosystèmes revêt une importance capitale. Dans Les Conséquences écologiques et sociétales de la perte de biodiversité, les écologues Michel Loreau, Andy Hector et Forest Isbell soulignent la profonde et complexe interdépendance entre les écosystèmes définis par les interactions entre les différentes espèces qui les composent et les paramètres régulant les conditions de vie sur Terre. Ce faisant, ils nous rappellent l’importance des relations qui lient tous les êtres vivants, à travers la barrière de l’espèce. Plus largement, les connaissances écologiques en évolution et les exigences liées aux enjeux climatiques et environnementaux contemporains traversent les sciences et conduisent à un mouvement de désanthropisation des savoirs. Ce mouvement éthique, mais également épistémologique, vient questionner le paradigme anthropocentrique ainsi que la séparation entre sciences humaines et naturelles.
C’est dans cette situation que pour sa première manifestation scientifique, le laboratoire junior interdisciplinaire GRRIS (Groupe de Recherche sur les Relations InterSpécifiques), formé par des doctorant.e.s, organise une journée d’étude intitulée « Les relations interspécifiques à la croisée des disciplines : enjeux théoriques et méthodologiques ». Cette première journée d’étude entend réunir des chercheur.euse.s provenant des différentes disciplines des sciences naturelles, humaines, juridiques et sociales afin de réfléchir collectivement à la conceptualisation des relations interspécifiques et d’interroger la possibilité de concevoir des outils d’analyses transdisciplinaires. Dans cette perspective, les contributions pourront porter sur l’opérabilité du concept de relations interspécifiques dans leurs disciplines respectives mais aussi sur d’autres concepts analogues qui font directement écho à une réflexion interdisciplinaire. Celle-ci problématisera les relations interspécifiques à travers ses différentes définitions et usages heuristiques, dans le domaine des sciences de la nature comme celui des sciences humaines. La journée d’étude souhaiterait également mettre en lumière les enjeux méthodologiques propres à l’étude des relations entre espèces, en interrogeant la possibilité de concevoir des outils d’analyse transdisciplinaires.
Face à la « crise de la sensibilité » (Morizot, 2022) contemporaine, on observe en effet une dynamique de renouvellement des études académiques sur la question des relations entre espèces, à l’aune de l’urgence écologique actuelle. Rompant avec une longue tradition intellectuelle (Schaeffer, 2007), de nombreuses initiatives scientifiques décident de tourner le dos à l’anthropocentrisme traditionnel de leurs disciplines (Baratay, 2012), afin de concentrer le regard analytique sur les sujets non-humains, désormais considérés comme de véritables acteurs à part entière, doués d’une agentivité et d’une sensibilité propre et digne d’intérêt. Ce mouvement de désanthropisation des sciences déborde même le cadre de la stricte animalité pour aborder des objets relativement délaissés par la recherche, comme les végétaux, ou encore la vie dans les cours et étendues d’eau, dans le cadre des blue studies, issues du courant écocritique (Chiari, 2024).
Encouragées en cela par les récentes découvertes en sciences de la vie, les sciences dites « de l’Homme » (re)découvrent la complexité et la subtilité de l’être non-humain, en se défaisant des grandes catégories de l’entendement, du « grand partage » entre nature et culture, tel que décrit par Philippe Descola (2005). La question des relations interspécifiques, instaurée dans le champ scientifique par les travaux de Charles Darwin, connaît aujourd’hui une évolution sensible. On revient désormais sur les approches évolutionnistes néo-darwiniennes, qui ont simplifié voire caricaturé les découvertes de Darwin, et qui expliquent les relations entre individus d’espèces différentes à partir de stratégies fondées sur une quête permanente de rentabilisation. Les récents développements des recherches anglo-saxonnes d’orientation involutionniste mettent ainsi au jour une part sensible et affective dans la manière dont chaque être vivant conduit son rapport à l’autre (Hustak et Myers, 2020). On peut également évoquer les développements autour du concept « Une seule santé » ou One Health, lequel invite à penser ensemble les santés humaine, animale et végétale en raison de leurs relations d’interdépendance, et suppose un dialogue entre sciences humaines, juridiques, naturelles et médicales.
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MODALITÉS DE PARTICIPATION
- Les propositions de communication, de 500 mots maximum, accompagnées d’un titre ainsi que d'une brève bio-bibliographie,
doivent être envoyées avant le 17 juillet 2026 à l’adresse : labo.grris @ gmail.com
Les auteur·es des propositions retenues seront prévenu·es au plus tard le 7 septembre 2026.
COMITÉ D'ORGANISATION
- Allan BERNON-MABBOUX (UJM Saint-Étienne, IHRIM)
- Claire MOTTION (UJM Saint-Étienne, IHRIM)
- Agathe FARANDA (UJM Saint-Étienne, CERCRID)
- Aimé GUEX (Université de Lausanne – Fonds National Suisse)
- Thomas BARRIÈRE (Université Paris Nanterre, LIPO-Centre de recherche Littérature et Poétique comparées)
- Aurélie PERRIN (EHESS, CRH-Centre de Recherches Historiques)
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